Face à vos dérobades multiples, je suis hésitant à votre sujet. Êtes-vous un monstre de mauvaise foi ou le roi des crétins ?
Il vous a été démontré :
1. Que l'Eglise est divine et humaine. Par conséquent, les Pères du Concile, cause seconde, sont auteurs des Constitutions du même Concile. Pour ces vrais auteurs du Concile les règles élémentaires de la critique sont également valables. Or ces règles obligent à considérer que les interprétations les plus autorités d'un texte, sont celles qui émanent de ses propres auteurs.
Or ces auteurs, représentés par la Députation de la Foi, affirment que le magistère ordinaire et universel est celui qui s'exerce chaque jour par les évêques et le pape, et qu'il est infaillible chaque fois qu'il atteste qu'une proposition est fondée sur la Révélation.
A cela vous répondez : ces interprétations ne sont pas en elles-mêmes infaillibles. Ce à quoi il vous a déjà été répondu que ce n'était pas là la question. Qu'un auteur donné soit infaillible ou pas, que les interprétations qu'il donne de son propre travail soient infaillibles ou pas, les règles élémentaires de la critique et le sens commun exigent de regarder les interprétations d'un auteur sur propre travail comme les plus autorisés. Point barre.
Si vous n'êtes même pas capable de comprendre ou de reconnaître cela, c'est que vous avez un très grave problème de jugeote !
Bêtise ou mauvaise foi de votre part ?
Il vous a également été démontré :
2. Que l'accord moralement unanime des théologiens était regardé comme faisant autorité, cf. notamment les notes théologiques du Saint-Office. Mais de cela vous n'avez cure.
Bêtise ou mauvaise foi de votre part ?
3. Que les citations par vous faites de Pie IX, de Billot, de Vacant et de Dublanchy regardaient non pas le magistère ordinaire et universel mais l'accord des théologiens.
Par exemple, ainsi que j'ai déjà pris la peine de vous le signaler, lorsque vous citez
Tuas libenter, vous soulignez le mot "constant" sans vous rendre compte que cet adjectif vient qualifier le "consentement universel" des théologiens catholiques, et non pas "le corps enseignant ordinaire de toute l'Eglise" c'est-à-dire le magistère.
Bêtise ou mauvaise foi de votre part ?
4. Que l'accord moralement unanime et constant des théologiens relativement à l'infaillibilité du magistère ordinaire et universel comme étant le magistère ordinaire du pape et des évêques à un moment donné, de telle sorte que chaque fois que ce magistère atteste qu'une proposition est fondée sur la Révélation, il en est infailliblement ainsi.
Mais de cela vous n'avez cure.
Bêtise ou mauvaise foi de votre part ?
5. Enfin, vous récusez le témoignage même de Pie XII.
Or il a été démontré que Pie XII considérait que l'accord des évêques avec sa personne était en lui-même une attestation infaillible et suffisante de la vérité de l'Assomption.
« Cet accord remarquable des évêques et des fidèles catholiques, qui estiment que l’Assomption corporelle au ciel de la Mère de Dieu peut être définie comme un dogme de foi, comme il Nous offre l’accord de l’enseignement du magistère ordinaire de l’Église et de la foi concordante du peuple chrétien – que le même magistère soutient et dirige – manifeste donc par lui-même, et d’une façon tout à fait certaine et exempte de toute erreur, que ce privilège est une vérité révélée par Dieu et contenue dans le dépôt divin, confié par le Christ à son Épouse, pour qu’elle le garde fidèlement et le fasse connaître d’une façon infaillible. »
Ce sont les propres termes du pape Pie XII, dans la Constitution par laquelle il promulgue solennellement le dogme de l'Assomption : l'accord des évêques - avec le pape évidemment - dans leur magistère ordinaire "manifeste donc par lui-même, et d’une façon tout à fait certaine et exempte de toute erreur" la vérité de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie.
Cet accord "en lui-même", et non pas "à travers le temps", ainsi que vous le somnambulez. Ce n'est pas une simple "consultation", contrairement à ce que vous osez affirmer sans vergogne, alors que vous avez la parole même du pape retranscrite sous vos yeux ! Et Pie XII parle non pas de simple consultation, mais d'exercice du magistère.
Lisez, mais lisez donc !!!
Et ce magistère a témoigné de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie "d'une façon tout à fait certaine et exempte d'erreur", c'est-à-dire, toujours d'après Pie XII : infailliblement (exemption d'erreur de droit).
Certes, l'acte par lequel ce même pape Pie XII pose un jugement solennel définissant infailliblement l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie est un acte tout à fait distinct du témoignage infaillible du magistère ordinaire et universel sollicité quatre ans auparavant.
Mais Pie XII a pris soin d'intégrer ledit témoignage aux arguments qui militent en faveur de la définition solennelle de l'Assomption. Et ce témoignage du magistère ordinaire et universel, le pape prend la peine de lui noter si manifestement la note d'infaillibilité.
Mais manifestement, vous n'avez cure de l'enseignement d'un pape, dans une Constitution apostolique.
On serait tenté de dire : évidemment, puisque Pie XII vous donne tort.
Bêtise ou mauvaise foi de votre part ?
Enfin, je voudrais terminer par ces quelques précisions. Lorsque l'on est de bonne foi, on fait abstraction de ce que N.M. est "sédévacantiste", Athanasios "conciliaire", ou jl d'André "lefebvriste", et on pèse la valeur des arguments qu'ils apportent et des autorités qu'ils invoquent (c'est à cela que servent les citations).
Dans cette affaire, un catholique pourrait avoir la décence de faire abstraction de sa chapelle ou sous-chapelle ("piediste", "sédévac", "ecclesiadéiste", "nantiste", ou que sais-je encore) et avoir l'honnêteté de prendre au sérieux l'enseignement des papes et des théologiens approuvés !
Je signe des deux mains les réflexions faites par John Daly au sujet de vos ramassis de sophismes et de bévues :
Cher N.M.,
Vous voulez montrer que M. d'André émiette la règle prochaine de la foi et danse sur les morceaux tout en se félicitant d'être défenseur de la foi qu'il démolit. À cet effet vous citez contre lui les papes, et effectivement ils sont contre lui. Vous citez les théologiens, et effectivement ils sont contre lui. Vous citez saint Thomas, et effectivement il est contre lui. Vous citez les pères et les docteurs et effectivement ils sont contre lui. Vous citez les lois et la liturgie, et effectivement elles sont contre lui.
Mais vous oubliez qu'il ne peut pas avoir tort car il a en sa faveur le consensus unanime d'une demi-douzaine de revues tradi de quatre sous, qui sont devenues la règle prochaine de la foi pour ceux qui, ne pouvant plus faire foi à l'Église Conciliaire mais s'obstinant à voir en elle l'épouse immaculée de Jésus-Christ finissent par se fabriquer un magistère ordinaire comme les Israélites se fabriquaient un veau d'or à adorer dans l'absence de Moïse.
Restez bien tranquillement éloigné de l'enseignement de l'Eglise à son propre sujet avec votre demi-douzaine de revues tradi à quatre sous si cela vous chante, mais ne venez pas exiger que l'on puisse en quoi que ce soit vous prendre au sérieux.