... avant de choisir un pape, les partisans ont choisi une succession. Une succession supposée illégitime ne devient pas soudainement légitime du simple fait que la succession "concurrente" est en vacance après la mort de "son" pape. Il me semble que c'est pourtant évident.
C'est beaucoup moins "évident" que vous ne le pensez, car à la mort d'Urbain VI ou bien à celle de Clément VII, la question s'est très réellement posée chez beaucoup : doit-on procéder à une nouvelle élection ou bien envisager une "solution" avec l'obédience "concurrente" ?
Certes, la "lignée concurrente" ne devenait pas soudainement légitime pour ceux qui la croyaient illégitime. Concedo.
La situation ne ressemble en rien à celle de Padre Pio envers Paul VI. A moins de reconnaître une possible légitimité à feu Grégoire XVII et autres fumistes™ du genre
Aucune comparaison possible entre les "fumistes", comme vous dites très justement, et d'authentiques cardinaux et évêques de la Sainte Eglise (Robert de Genève élu - à tort ou à raison - par la quasi totalité des cardinaux).
Toutefois je ne vous suis pas très bien lorsque vous récusez toute comparaison.
C'est bien vous qui avez affirmé (corrigez moi si je gauchis votre pensée), et ce, lorsque j'ai fait valoir les exemples de saint Vincent Ferrier ou bien Savonarole : pour Padre Pio, il n'y avait pas d'autre alternative que de reconnaître Paul VI ?
Ne vous en déplaise, c'est bien la même question de la légitimité d'un pontife donné qui se pose avec l'un et les autres exemples, et non pas d'un côté la légitimité d'un pontife et de l'autre celle d'une lignée.
Et ce pour la bonne et simple raison que la question de la légitimité d'une lignée suppose nécessairement la question de la légitimité d'un pontife, puis des autres,
chacun à son tour.
Chacun à son tour, parce que, lors du Grand Schisme, dans l'une puis l'autre obédience a fini par se poser la question de la légitimité non pas tant de la lignée en tant que telle, mais du pontife - désormais considéré comme illégitime - issu de la lignée que l'on continuait néanmoins à reconnaître pour légitime. Heureusement qu'il en fut ainsi, car ce fut précisément de cette façon que le Grand Schisme finit par trouver sa solution...
Pour ce qui regarde Padre Pio, il y avait bien l'alternative suivante : reconnaître Paul VI ou bien ne pas (ou plus) le reconnaître.
De la même façon, pour saint Vincent Ferrier, il y a vait bien, ainsi que le rappelle très justement Vianney, l'alternative suivante : continuer à reconnaître Benoît XIII ou bien ne plus le reconnaître, alors même que l'on continuait à reconnaître que Benoît XIII, ou à tout le moins la "lignée" à laquelle il appartenait avait été jusqu'alors légitime.
De surcroît, saint Vincent Ferrier ralliait les Pères du Concile de Constance qui mirent encore une année avant d'élire Martin V (1416-1417)nous sommes bien face à des "sédévacantistes".
Pour ce qui regarde Savonarole, la comparaison est encore plus criante, puisque la question de la lignée que vous soulevez (à tort) ne se pose même pas. L'aternative était : reconnaître Alexandre VI ou bien ne pas le reconnaître.