Cher Azerty,
J'ose espérer que c'est bien vous qui vous trompez et non pas l'Abbé Gaudron, lorsque vous lui attribuez ceci :
" [...] Magistère des ÉVÊQUES (et non du seul pape)
1) quand ils enseignent AVEC AUTORITÉ
2) de façon universelle et UNANIME
3) un point de DOGME ou de MORALE
4) comme DIVINEMENT RÉVÉLÉ aux Apôtres (et donc immuable et obligatoire).
Sans ces conditions, pas d'infaillibilité."
Tout d'abord, une précision, car votre clavier a dû "fourcher", le magistère ordinaire et universel a pour sujet :
- Non pas le Pape seulement (vous avez raison) ;
- Mais les évêques...
avec le Pape, soit que le Pape s'associe les évêques, soit qu'il confirme l'enseignement des évêques.
C'est votre point 4) qui est hautement problématique.
En effet, le magistère ordinaire et universel propose infailliblement :
- le Donné Révélé lui-même (c'est ce que l'on appelle l'objet premier) ;
- mais
également les vérités qui n'ont pas à proprement parler été révélées, mais qui sont connexes à la Révélation (c'est ce que l'on appelle l'objet second).
« C’est à double titre qu’une proposition peut relever de la foi : à titre direct et principal, comme les articles de foi ; à titre indirect et secondaire, comme les propositions dont la négation entraîne la corruption de quelque article de foi. Dans les deux cas, de même que la foi est engagée, de même il peut y avoir hérésie. »
Saint Thomas d’Aquin, IIa IIæ, q.XI a.2 : Si l’hérésie a proprement comme objet ce qui est de foi
Pie XII :
« Suivant l’exemple de saint Thomas d’Aquin et des membres éminents de l’Ordre dominicain, qui brillèrent par leur piété et la sainteté de leur vie, dès que se fait entendre la voix du Magistère de l’Église, tant ordinaire qu’extraordinaire, recueillez-la, cette voix, d’une oreille attentive et d’un esprit docile, vous surtout chers fils, qui par un singulier bienfait de Dieu, vous adonnez aux études sacrées en cette Ville auguste, auprès de la Chaire de Pierre et église principale, d’où l’unité sacerdotale a tiré son origine [Saint Cyprien]. Et il ne vous faut pas seulement donner votre adhésion exacte et prompte aux règles et décrets du Magistère sacré qui se rapportent aux vérités divinement révélées – car l’Église catholique et elle seule, Épouse du Christ, est la gardienne fidèle de ce dépôt sacré et son interprète infaillible ; mais l’on doit recevoir aussi dans une humble soumission d’esprit les enseignements ayant trait aux questions de l’ordre naturel et humain ; car il y a là aussi, pour ceux qui font profession de foi catholique et – c’est évident – surtout les théologiens et les philosophes, des vérités qu’ils doivent estimer grandement, lorsque, du moins, ces éléments d’un ordre inférieur sont proposés comme connexes et unis aux vérités de la foi chrétienne et à la fin surnaturelle de l’homme. »
Pie XII, aux professeurs et élèves de l’Angelicum, 14 janvier 1958]
Quelques théologiens :
"Pour que, dans ces diverses occurrences, le magistère ordinaire et universel soit infaillible, il est nécessaire que son enseignement soit manifestement donné comme appartenant directement ou indirectement à la Révélation chrétienne."
Dublanchy, DTC IV, 2195.
"Ce magistère s'étend à toute la doctrine de l'Eglise, ainsi que nous l'avons remarqué à plusieurs reprises. Le corps épicopal enseigne infailliblement et le peuple fidèle accepte tous les points obligatoires de la doctrine chrétienne."
Vacant, DTC, II, 111.
"Nous savons qu'une doctrine nécessairement connexe avec les vérités révélées peut être infailliblement proposée comme "à tenir" par le magistère universel et ordinaire de l'Eglise."
Salaverri, De Ecclesia Christi, n°901.
Cordialement
N.M.