Il y a confusion des genres.
Le MOU peut concerner AUSSI une vérité qui n’a pas été crue toujours, partout et par tous : c’est le cas de l’Assomption. Alors le critère de saint Vincent de Lérins ne peut suffire…
En fait, si une vérité a été crue toujours, partout et par tous, le problème n’existe pas : il est evident que c’est infaillible car issu du dépot révélé. Le Magistère vivant n’a pas à refaire une declaration infaillible sur ce point. C’est le sens de cet article, et c’est pourquoi, quand vous dites que “le MOU n'est pas infaillible en lui-même, mais qu'il ne le devient que parce qu'il rappelle une doctrine déjà en possession de l'Eglise.”… en réalité vous vous trompez : car alors ce n’est pas du MOU, mais c’est un texte non-infaillible du magistère (qui confirme le premier déjà cru par tous) : c’est ce que les théologiens appellent couramment du magistère simplement authentique. C’est-à-dire qu’il est couvert de l’autorité magisterielle (et donc digne de notre soumission et de notre respect filial), mais qu’il n’engage pas l’infaillibilité. C’est le sens de cette note d'explication de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 28/10/1985.
Quand le cardinal Ratzinger disait :
“Dans le cas présent, un acte du Magistère pontifical ordinaire, en soi non infaillible, atteste le caractère infaillible de l’enseignement d’une doctrine déjà en possession de l’Église"
- il ne dit pas que tout magistère pontifical ordinaire est en soi non infaillible,
- mais il dit que cet acte est en soi non infaillible, car l'infaillibilité est inutile ici : l'infaillibilité joue pour trancher une question de foi et de morale, or elle était déjà tranché, et cet acte vient simplement le rappeler. Sans doute il aurait été plus clair pour les néophytes d'utiliser le mot “authentique”, plutot que "ordinaire" qui peut faire confusion. Pour comprendre un terme théologique, il faut en comprendre le contexte et l’intention de l’auteur…
Cher Justin Petitpeu, meme après votre intervention, meme si vous aviez raison, admettez que la question demeure (et plusieurs questions meme) :
- si une vérité n’a pas encore été crue “toujours, partout et par tous”, le MOU ne peut la définir infailliblement ? Si, la preuve avec l'exemple de l’Assomption avant la definition solennelle : voir mon fil ci-dessus.
- Et qui vous assure infailliblement qu’une vérité a bien été crue “toujours, partout et par tous” : le Magistère, et entre autre le Magistère ordinaire du Pape, mais cela peut etre aussi le Magistère Ordinaire de l’Eglise Universelle (= le MOU).
Cqfd. Le Mou est infaillible. Le critère de saint Vincent de Lérins (est infaillible que ce qui a été cru toujours, partout et par tous) est bon bien sur, mais insuffisant, et surtout saint Vincent de Lérins ne voulait absolument pas en faire un critère ultime de l’infaillibilité.
Cher Justin Petitpeu, si vous m’avez compris, vous avez compris que je ne vais pas contre la Note de la Congrégation pour la doctrine de la Foi.
Bien amicalement.
PS : Avant le Cardinal Ratzinger, Pie XII nous le disait (déjà cité dans mon précédent fil), relisez cette citation de Pie XII: «Il ne faut pas estimer non plus que ce qui est proposé dans les encycliques ne demande pas de soi l’assentiment, les Papes n’y exerçant pas le pouvoir suprême de leur Magistère. Cet enseignement est celui du Magistère ordinaire auquel s’applique aussi la parole: “Qui vous écoute, m’écoute” (Lc X, 16); et le plus souvent ce qui est proposé et rappelé dans les encycliques appartient déjà par ailleurs à la doctrine catholique. Que si les Souverains Pontifes portent expressément dans leurs actes un jugement sur une matière jusqu’alors controversée, il est évident pour tous que cette matière, cesse par là même, suivant la pensée et la volonté de ces mêmes Pontifes, d’appartenir au domaine des questions librement discutées entre théologiens» .
Il y est d'ailleurs peut etre fait allusion au canon de Lérins et à votre argument : le critère de Lérins est vrai mais insuffisant... C'est le Magistère vivant qui est la règle ultime de notre foi. Et les fidèles de la FSSPX ne peuvent refuser Pie XII !
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