Bonjour Athanasios, je ne suis pas surpris de vous voir surgir dans ce débat. Un texte pour illustrer votre propos, ce n'est que la n'ième fois que je le propose aux lecteur du Forum; il s'agit du catéchisme de l'Eglise catholique, n°890 et 891:
Pour accomplir ce service (veiller à ce que le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libére), le Christ a doté les pasteurs du charisme de l'infaillibilité en matière de foi et de moeurs. L'exercice de ce charisme peut revêtir plusieurs modalités:
"De cette infaillibilité, le PONTIFE ROMAIN, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, après un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les moeurs (...). L'infaillibilité promise à l'Eglise réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son Magistère suprême en union avec le successeur de Pierre", surtout dans un concile oecuménique (LUMEN GENTIUM, 25; cf. Vatican I). Lorsque, par son MAGISTERE SUPREME, l'Eglise propose quelque chose "à croire comme étant révélé par Dieu" (Dei Verbum, 10) et comme enseignement du Christ, il faut adhérer dans l'obéissance de la foi à de telles définitions" (L.G., 25). Cette infaillibilité s'étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine.
Une réflexion pour faire avancer le débat: le Magistère suprême des évêques est celui exercé lors d'un concile, pas forcément oecuménique (nuance du "surtout"), en union avec le successeur de PIERRE - cela ne nous surprend pas, c'est une évidence - quand ils proposent aux fidèles quelque chose comme ayant été révélé par Dieu, lorsqu'ils se prononcent de manière définitive ou qu'ils arrivent à une définition infaillible (deux caractéristiques absentes du Magistère ordinaire). C'est le revelatum tiré du revelabile par les Pères conciliaires. Or il s'agit de savoir si les Pères réunis au concile Vatican II ont eu à exercer un tel Magistère. Si la réponse est négative, on retombe dans le cas du Magistère ordinaire "lequel, précise le CEC dans le n° 892, conduit à une meilleure intelligence de la Révélation en matière de foi et de moeurs. A cet enseignement ordinaire (le CEC de 1992 ne précise pas UNIVERSEL, exit le MOU...)les fidèles doivent donner l'assentiment religieux de leur esprit qui, s'il se distingue de l'assentiment de la foi, le prolonge cependant."
Au Magistère suprême des évêques comme au MAGISTERE EXTRORDINAIRE OU SOLENNEL DU PAPE, on doit "l'obéissance ou l'assentiment de la foi"; au magistère ordinaire, celui du pape ou des évêques, on doit "l'assentiment religieux de l'esprit". Indubitablement, le magistère suprême et solennel est infaillible, quant au second, on peut penser qu'il l'est aussi... |