Cher Baudelaire,
Rapidement (trop rapidement, mais amicalement, n'en doutez pas)je m'incris en faux contre plusieurs de vos assertions.
Le Magistère suprême des évêques est celui exercé lors d'un concile.
Pas du tout !
Par "magistère suprême", on entend magistère sur l'Eglise universelle, par opposition avec le magistère d'un évêque sur l'Eglise particulière dont il a la charge.
Le "magistère suprême" est exercé par :
- Le Pape, en raison de son Primat, lorsqu'il parle en tant que Pasteur de l'Eglise universelle (on reconnaît là une des "conditions" de Pastor Aeternus), et non pas en tant que simple pasteur du diocèse de Rome ou théologien privé ;
- Les évêques, en tant qu'il sont associés ou confirmés par le Pape.
En conséquence, les évêques participent au "magistère suprême" :
1) Lorsque, dsipersés, ils s'associent à l'enseignement du Pape (notamment à l'enseignement d'une encyclique) ;
2) Lorsque, dispersés, leur enseignement moralement unanime est confirmé par le Pape (notamment au moyen d'une encyclique) ;
3) Lorsque, une partie d'entre eux étant réunis en concile particulier, et les autres étant dsipersés, leur enseignement est confirmé par le Pape pour l'Eglise universelle ;
4) Lorsque, réunis en Concile oecuménique, leur enseignement ordinaire ou bien leur jugement solennel est confirmé par le Pape (et devient tel).
D'où il suit...
- Il est très vrai que lors d'un Concile oécuménique, les évêques participent du "magistère suprême", soit au moyen de jugements solennels soit au moyen de leur magistère ordinaire et universel (qui ne se réduit pas au seul état de dispersion, qui est accidentel) ;
- Dispersés, les évêques peuvent également participer du "magistère suprême", au moyen du magistère ordinaire et universel ; idem pour le cas du concile particulier confirmé par le Pape pour l'Eglise universelle.
Le magistère ordinaire et universel est - par définition - "magistère suprême".
Le "magistère suprême" est infaillible lorsqu'il propose l'objet de la foi, c'est-à-dire, lorsqu'il atteste qu'une proposition est révélée (objet premier) ou connexe ou Donné Révélé (objet second... qui échappe apparemment complètement à l'ami Azerty).
- Par définition, un jugement solennel du "magistère suprême" est proposition de l'objet de la foi = infaillibilité... et "assentiment de foi"
- Infaillibilité et "assentiment de foi" pour le magistère ordinaire et universel, lorsqu'il y a proposition de l'objet de la foi (cf. Dei Filius : le MOU également propose (infailliblement) l'objet de la foi) ;
- "Assentiment religieux de l'esprit" pour tout ce qui n'est pas à proprement parler "proposition de l'objet de la foi" dans le magistère ordinaire et universel, c'est-à-dire dans tout ce qui n'est pas "attestation" mais simplement "explication" (pour reprendre une distinction de l'Abbé Lucien).
[Au passage, ce n'est pas parce que le CEC parle de "magistère ordinaire" qu'il ne parle pas, ce faisant, de "magistère ordinaire et universel" ; le MOU est "magistère ordinaire"... le magistère ordinaire pontifical également !]
Bien à vous
N.M.
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