Mathieu Belarbi est mort dans son lit, à Mantes la Jolie en 1996. Il était le dernier des porte-drapeaux de Mostaganem, et le premier à mourir « de sa belle mort », après avoir, toutefois, failli être assassiné.
Du temps de l’Algérie française, il était de tradition que le porte-drapeau des anciens combattants à Mostaganem, soit un musulman. Et pourtant, à partir de 1956, cette fonction condamnait le porte-drapeau à une mort quasi certaine.
Le premier porte-drapeau Tchah Kouiser, fut abattu le 14 février 1957 ; Le deuxième, Caïd Hechta, est assassiné en juin de la même année. Le F.L.N. tue le troisième, Bensekrane Yahia, un mois et demi plus tard. Et puis il y eut Hennoui Bessegit, Hadj Gachegache, Bey Bagdad, Addad Ali, Rhamouni Lakdar. Ces huit porte-drapeaux successifs avaient combattu en Tunisie, en Italie, en France : ils furent tous assassinés entre 1956 et 1960.
C’est le 7 novembre 1960 que Larbi Belarbi reprend le drapeau des mains de la dernière victime du F.L.N. Médaille militaire, deux croix de guerre, Larbi Belarbi brave à son tour les tueurs « islamo-progressistes ».
Le 16 janvier 1961, il est abattu d’une balle dans la nuque. Miraculeusement, il survit. Rapatrié d’Algérie, il s’installe à Mantes la Jolie. Sa dernière fille, il l’a appelée France. Converti au catholicisme, Larbi Belarbi s'appelle depuis Mathieu Belarbi.
Et le drapeau des anciens combattants de Mostaganem, il 1’a conservé jusqu’au dernier jour. Dans sa gaine de soie frangée d’or, ce drapeau, pour qui huit Français musulmans perdirent la vie, et pour qui le neuvième fut grièvement blessé, symbolise les gloires passées de l’empire. Les gloires d’une plus grande France, qui survivent dans les souvenirs de quelques braves. Mathieu Belarbi était l’un d’eux.
Nous étions trois conseillers municipaux du Front National (Eddy Langrand, Philippe Wagner et moi-même) à assister aux obsèques de Mathieu Belarbi, célébré par l'abbé Peignot (FSSPX). En revanche, il n’y avait aucun représentant officiel de la municipalité RPR. Oui vous avez bien lu, ce même Bédier qui ne rate aucune occasion de manifester sa sympathie à la communauté arabo-musulmane du Val-Fourré et qui tout dernièrement s’est rendu aux abattoirs le jour de l’Aït el Kébir, n’a même pas daigné assister ou se faire représenter à l’enterrement de ce héros dont le général Vanuxen avait fait le plus bel éloge. |