Pour vous et vos complices, qui m'accusent d'avoir mal lu et que vous soutenez ainsi que par votre passionnaria ,qui n'a pas plus à dire comme selon son habitude. Mais qui vient se greffer. Le cheveu sur la soupe, la mouche dans le vinaigre.
Il faut dire avant tout(et de façon nette) qu'il ne s'est pas agi, d'un conciliabule, comme cela est parfois arrivé, à d'autres époques, par défaut de forme et surtout de substance; ce fut un véritable concile oecuménique, avec toutes les marques de l'authenticité et de la validité conciliaire. Ce ne fut pas un antipape, ni un pape simoniaque, indûment et invalidement assis, sur le Siège pontifical, mais un pape en possession légitime de la succession de Pierre et des Apôtres su la Chaire romaine, doté par conséquent de la pleine juridiction de toute, l'Eglise qui le convoqua, le dirigea( même si ce ne fut pas en personne) et le promulgua.
Ceux qui veulent l'emprisonner dans les étroitesses du "sédévacantisme" en recourant notamment, pour s'autojustifier, aux contorsions de la Thèse dite "de Cassiciacum" (l'actuel occupant du Siège est Pape "materialiter" mais non "formaliter"), forcent les données de fait concernant la légitimité du Conclave et de l'élection papale.
En réalité, l'accusation répétée d'illégitimité pour chaque Pontife élue après Pie XII n'est rien d'autre que du pur délire, dépourvu de pertinence historique et de base théologique Tout comme comme délirent ceux qui, tout en reconnaissant légitime chaque successeur de cet Immortel Pontife, lui refusent l'obéissance inconditionnelle en raison des conséquences négatives vers lesquelles ses déviations et celles de Vatican II ont conduit et conduisent l'Eglise.
A de nombreux égards (je le reconnais moi-même, avec fermeté et conviction) Vatican II fut réellement un grand concile. Nous ne sommes pas loin de la réalité si nous reconnaissons en lui le signe, éloquent et paradoxal, de l'Esprit créateur qui passe le long des sillons de l'histoire et de l'Eglise, en les abreuvant.
Ce concile ne s'est pas terminé par la condamnation de quelque hérésie ancienne ou nouvelle, mais il s'est posé face à la réalité objective de la culture courante pour en distinguer le point d'accrochage (" der Anknüpfungspunkt", comme l'appelait Karl Barth) du message chrétien et de ce patrimoine philosophique et théologique qui au long des siècles en a jailli.
En pratique, il a élargi son horizon à toute la réalité du monde moderne et, à sa lumière, il a sondé toutes les vérités du patrimoine chrétien. Ce ne fut pas seulement la totalité des thèmes qui l'intéressait, mais également l'ensemble des différentes sensibilités avec lesquelles il convenait d'affronter cette totalité et qui lui furent garanties par la provenance de ses 2540 Pères conciliaires " de toutes tribus, de toutes langues, de tous peuples et de toutes nations" (Ap 5,9). Concernant ses sensibilités, on ne peut non plus passer sous silence l'influence indirecte(et parfois aussi directe) des 42 auditeurs laïcs et des 90 observateurs non-catholiques. Le Concile se déroula après une préparation de 44 mois et se prolongea encore 39 autres mois.
Il est vrai que, surtout au début( mais la chose se répéta également pendant ses travaux) Vatican II rencontra des difficultés importantes : non seulement de méthode, mais aussi et surtout d'orientation et de contenu. Il refusa bon nombre des schémas préparés avant son ouverture, avec la collaboration d'experts de toutes les nations, il en confia la réélaboration à une commission mixte, et confia la direction des propres travaux à une commission spéciale.
Lorsque le Concile prit conscience qu'il ne pourrait pas travailler de façon efficace sans un véritable plan d'organisation, c'est Paul VI qui, sur la demande qui lui fut adressée, intervint lui-même, et concentra sur la question de l'Eglise les intérêts conciliaires en les articulant de la manière suivante: en premier lieu l'Eglise mystère, puis l'Eglise mission, enfin le rapport Eglise et le monde.
Sur les linéaments, on appuya non seulement la constitution dogmatique " De Ecclesia", mais également toutes les autres thématiques qui, directement ou indirectement, se rapportaient à l'Eglise : La Parole de Dieu, la christologie, la mariologie, la liturgie et les sacrements, la vision chrétienne e l'homme et de sa liberté, la vie consacrée, le pluralisme religieux, l'oecuménisme, les missions, l'Eglise et les medias, la présence de l'Eglise dans le monde contemporain, ses rapports avec la culture et la politique, la formation théologique des candidats au sacerdoce, le renouveau des études sacrées.
Ce ne sont que des exemples rapides, mais plus que suffisants pour dessiner les dimensions grandioses de l'événement conciliaire.
Ces dimensions du concile ont été confirmées dans la suite pas son influence historique, de l'annonce de sa convocation jusqu'à aujourd'hui. Ce qui a pesé sur cette influence, c'est l'unilatéralité élogieuse monotone dont j'ai parlé plus haut; mais l'influence est gigantesque et universelle. Non seulement, comme cela est évident, chez les catholiques, mais également chez les héritiers de la Réforme et chez d'autres chrétiens non en communion avec Rome. Dans la presse et les autres moyens de communication sociale, dans les universités, chez les philosophes et les libres penseurs, en Europe, dans le Nouveau Monde et dans toutes les parties du Globe, l'attention de Vatican II a été immense et ininterrompue.
On ne peut prendre à la légère un évènement capable de concentrer sur lui l'intérêt mondial; et ceux qui le feraient témoigneraient soit d'un défaut de capacité critique, soit de préventions.
Vous trouverez la suite dans l'ouvrage. Page 37...