Cher Olo,
Je veux croire que cette nuit vous n'aviez plus "les yeux en face des trous", comme on dit cavalièrement...
En effet, l'hypothèse d'"une Eglise qui apostasie en masse
à la suite de son Pape" n'est pas du tout l'hypothèse ici envisagée.
Par ailleurs...
"Le gouvernenement des prédécesseurs persévère virtuellement"
Chez qui ? Hé bien, chez les fidèles qui se conforment à l'enseignement et aux lois desdits prédécesseurs, dans l'état où lesdits prédécesseurs ont laissé l'Eglise.
"Droit du siège toujours en vigueur et toujours reconnu"
Reconnu par qui ?
Mais par tous les catholiques demeurés fidèles. Y compris ceux qui ne se manifesteraient pas, et même seraient induits en erreur sur la question de la légigitimité du Pontife.
"Que toujours aussi ait persévéré le souci d'élire un successeur"
Chez qui ?
Chez tous ceux qui attendent, depuis une bonne quarantaine d'années, qu'un Souverain Pontife rende à l'Eglise universelle "l'Ecriture, le Catéchisme et la Messe".
Certes, ceci implique également qu'il existe encore des électeurs auxquels on puisse avoir recours.
les électeurs du Pape
- Il s’agit ordinairement des Cardinaux.
- Si ces derniers étaient pour une raison ou pour une autre « empêchés », il faudrait avoir extraordinairement recours :
. tout d’abord au clergé du diocèse de Rome (dont les cardinaux sont les représentants éminents)
. ensuite, à défaut du clergé de Rome, aux Evêques.
« Cajetan affirme [...] que le pouvoir d'élire le pape réside formellement - c'est-à-dire, au sens aristotélicien, comme apte à procéder immédiatement à l'acte d'élection - dans l'Eglise romaine, en comprenant dans l'Eglise romaine les cardinaux-évêques qui sont en quelque sorte les suffragants de l'évêque de Rome. C'est pourquoi, selon l'ordre canonique prévu, le droit d'élire le pape appartiendra de fait aux cardinaux seuls (Aplogia, cap. XIII, n°742). C'est pourquoi encore, quand les dispositions du droit canonique seraient irréalisables, ce serait aux membres certains de l'Eglise de Rome qu'il appartiendrait d'élire le pape. A défaut du clergé de Rome, ce serait à l'Eglise universelle, dont le pape doit être l'évêque (Ibid., nn. 741 et 746). »
Charles Journet, résumant Cajetan et Jean de Saint-Thomas, in L'Eglise du Verbe Incarné, 2° ed., 1955, pp. 622-624.
En outre...
Contrairement à ce que vous nous raconter, le R.P. Goupil n'invoque absolument pas la permanence d'un "collège épiscopal agissant".
Pourquoi ?
Parce que...
1. En 1946, cette idée d'un "collège épiscopal agissant"
sans Pape est pour le moins des plus inédites, sinon dans quelques cercles néo-modernistes.
2. Même
Lumen gentium et sa
Nota praevia se gardent bien d'envisager un "collège épiscopal agissant"
sans Pape.
Pourquoi ?
Parce que sans Pape, il n'y a pas de "collège épiscopal" en acte.
La promesse "Qui vous écoute M'écoute" est précisément adressée à l'Autorité suprême : le Pape seul, le Pape et les évêques, mais jamais les évêques sans le Pape, et encore moins un évêque à lui seul.
Merci pour la citation de Dom Guéranger.
"Qu’un long schisme rende douteuse la légitimité de plusieurs pontifes, l’Esprit Saint laissera s’écouler l’épreuve, il fortifiera, pendant qu’elle dure, la foi de ses fidèles; enfin, au moment marqué, il produira son élu, et toute l’Église le recevra avec acclamation."
N.M.