C'est cette partie que vous vous gardez bien de citer, bien évidemment :
"d. « Pour beaucoup » est une traduction fidèle de pro multis, tandis que « pour tous » est plutôt une explication propre au langage catéchétique.
e. L'expression « pour beaucoup », tout en incluant chaque personne humaine, induit également le fait que le salut n'est pas attribué de façon mécanique, sans une adhésion ou une participation quelconque; au contraire , le croyant est invité à accepter dans la foi le cadeau qui lui est offert et à recevoir la vie surnaturelle qui est donnée à ceux qui participent à ce mystère, le vivant dans leurs vies pour être comptés parmi les "beaucoup" auquel le texte se réfère.
f . En conformité avec l'instruction Liturgiam authenticam, un effort devra être entrepris pour être plus fidèle aux textes latins dans les éditions typiques."
La formule, certes "valide" en vigueur (for all, etc.), induit, elle, autre chose, une autre chose qui est contraire à la foi catholique. Outre qu'elle est manifestement infidèle.
La validité n'implique donc pas que tout soit parfait dans les formules utilisées : loin de là. C'est vous et non le texte du Cardinal qui déclarez que cela "ne génère pas de problème pour la foi". Si induire possiblement - non automatiquement -un sens gravement erroné et être infidèle n'est pas ouvrir la voie à ce que la foi puisse être mise en danger, qu'est-ce qui le peut alors ?
C'est très exactement ce que disent les critiques traditionalistes de la Forme extraordinaire depuis 1969.
Une fois encore, c'est à eux que la "formule Arinze" donne raison.
Pour le reste, je crois avoir déjà répondu. La lettre de Léon XIII, qui vous plaît tant, demanderait à être relu comme le fait la Note de la CDF de 2001 du décret Post Obitum de 1887 sur les 40 erreurs découvertes dans l'oeuvre de Rosmini. Le canon 212 en a fait évoluer les termes et pour moi, le Code de droit canonique s'applique hic et nunc.
En 1904, saint Pie X n'a pas suivi la règle de son prédécesseur : devant le tumulte du peuple chrétien grandissant dans les diocèses de Mgr Geay et Mgr Le Nordez, il a révoqué les deux évêques de leur charge : il n'a pas jeté l'interdit sur les 2 diocèses, bien au contraire. L'adage Vox populi, vox Dei, n'est sûrement pas à prendre à lettre et à appliquer en toutes circonstances ; de là à imaginer, comme vous, une Eglise caporalisée, il y a un pas.
Tous les jours que Dieu fait, des théologiens, des clercs, des laïcs suggèrent des relectures et des tris. Les bibliothèques de nos Facultés et séminaires croulent sous le poids de cette littérature. Récemment le cardinal Martini a lui aussi fait des suggestions de tri, assez osées, dans la doctrine morale de l'Eglise. Benoît XVI ne lui a pas retiré son chapeau rouge et ne l'a pas confiné dans un couvent comme Pie XI avec le cardinal Billot. Les exemples similaires abondent. Le cas de la doctrine Casti connubii (1930) par exemple a été abondamment débattu à la fin de Vatican II, puis dans les commissions successives nommées par Paul VI entre 1966 et 1968. Tout le monde annonçait alors que la discipline de l'Eglise allait changer : il n'en fut rien, le débat public autour du "tri" demeure un fait historique incontestable.
Enfin cette Eglise qui marcherait au pas, comme un régiment à la parade, n'a jamais, au grand jamais, existé ...que dans vos rêves, un peu cauchemardesques pour moi.
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