Dans l'ordre.
1) Je doute que le catholique ait reçu mission de trier dans le magistère pour réduire à simple opinion théologique tout ce qui ne serait pas infaillible (ou plutôt considéré comme tel).
Il ne faut pas estimer non plus que ce qui est proposé dans les encycliques ne demande pas de soi l’assentiment, les papes n’y exerçant pas le pouvoir suprême de leur Magistère. Cet enseignement est celui du Magistère ordinaire, auquel s’applique aussi la parole : “qui vous écoute, m’écoute” [Lc 10, 16]. [Humani generis]
2) M. d'André ne respecte pas le canon 212 (reçoit-il seulement le code de 1983 ?). Et moins encore ceci :
Il est, en effet, constant et manifeste qu'il y a dans l'Eglise deux ordres bien distincts par leur nature : les pasteurs et le troupeau, c'est-à-dire les chefs et le peuple. Le premier ordre a pour fonction d'enseigner, de gouverner, de diriger les hommes dans la vie, d'imposer des règles; l'autre a pour devoir d'être soumis au premier, de lui obéir, d'exécuter ses ordres et de lui rendre honneur. Que si les subordonnés usurpent le rôle du supérieur, c'est, de leur part, non seulement faire un acte d'injurieuse témérité, mais encore c'est bouleverser, autant qu'il est en eux, l'ordre si sagement établi par la Providence du divin fondateur de l'Eglise. S'il se trouvait, par hasard, dans les rangs de l'épiscopat, un évêque ne se souvenant pas assez de sa dignité et paraissant infidèle à quelqu'une de ses saintes obligations, il ne perdrait, malgré cela, rien de ses pouvoirs, et, tant qu'il demeurerait en communion avec le Pontife romain, il ne serait certainement permis à personne d'affaiblir en quoi que ce soit le respect et l'obéissance qu'on doit à son autorité. Par contre, scruter les actes épiscopaux et les critiquer, n'appartient nullement aux particuliers, mais cela regarde seulement ceux qui, dans la hiérarchie sacrée, ont un pouvoir supérieur, et surtout le Pontife suprême, car c'est à lui que Jésus-Christ a confié le soin de paître partout non seulement les agneaux, mais encore les brebis. Tout au plus, quand les fidèles ont de grands sujets de plaintes, leur est-il permis de déférer la cause entière au Pontife romain, pourvu toutefois que, gardant la prudence et la modération conseillées par l'amour du bien commun, ils ne se répandent point en cris et en objurgations, ce qui contribue plutôt à faire naître les divisions et les haines, ou certainement à les augmenter. (Léon XIII, Let. Est sane molestum, 17 décembre 1888)
3) Si on appelle à la désobéissance alors qu'il n'y a ni abus de pouvoir ni ordre formel de pécher, alors on perd une occasion de se taire.
Les pasteurs de tous rites et de tous rangs ainsi que les fidèles, tant chacun séparément que tous ensemble, sont tenus au devoir de subordination hiérarchique et de vraie obéissance, non seulement dans les questions qui concernent la foi et les moeurs, mais aussi dans celles qui touchent à la discipline et au gouvernement de l‘Église répandue dans le monde entier ; de telle manière que, en gardant l’unité de communion et de profession de foi avec le pontife romain, l’Église est un seul troupeau sous un seul pasteur suprême (Jn 10,16). Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s’écarter sans danger pour la foi et le salut. [Pastor æternus]
4) Le statut du VOM au cours des pontificats post-conciliaires atteste surtout que ce qu'un pape a fait, un autre peut le défaire. Cela ne relativise pas l'obéissance actuelle qui reste due.
Semblablement, c'est faire preuve d'une soumission peu sincère d'établir comme une opposition entre un Pontife et un autre. Ceux qui, entre deux directions diverses, repoussent le présent pour se tenir au passé ne donnent pas une preuve d'obéissance envers l'autorité qui a le droit et le devoir de les guider: et sous quelque rapport il ressemble à ceux qui, condamnés, voudraient en appeler au Concile futur ou à un Pape mieux informé." (Léon XIII, Let. Epistola tua, 17 juin 1785)
5) Jean-Paul II reconnaissait la difficulté pour
certains d'établir la continuité du magistère sur
certains points de doctrines. Le malaise porte moins sur la doctrine que sur ceux qui la refusent pour des raisons contestables.
6) L'approbation d'un texte ne signifie pas qu'il est le meilleur possible, mais qu'il est catholique et
ne génère pas de problème pour la foi. Cela ressort très clairement de ce que déclarait le cardinal Arinze concernant le "pro multis".
Il n’y a aucun doute quant à la validité des Messes célébrées en utilisant une formule dûment approuvée contenant une formule équivalente à « pour tous », ainsi que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi l’a récemment déclaré (cf. Sacra Congregatio pro Doctrina Fidei, Declaratio de sensu tribuendo adprobationi versionum formularum sacramentalium, 25 Ianuarii 1974, AAS 66 [1974], 664). En effet, la formule « pour tous » correspondrait sans aucun doute à une interprétation correcte de l’intention du Seigneur exprimée dans le texte. C’est un dogme de foi que le Christ est mort sur la Croix pour tous les hommes et toutes les femmes (cf. Jean 11, 52 ; II Cor. 5, 14-15 ; Tite 2, 11 ; I Jean 2, 2).
Ath