En fait, des différents échanges que nous avons sur ce sujet, j'aurais tendance à conclure que vous donnez une faible (inexistante ?) valeur doctrinale à la "Déclaration doctrinale sur la liberté religieuse
Dignitatis Humanae". Pourquoi pas, c'est peut-être votre façon à vous de résoudre l'apparente contradiction entre DH et QC !?
Car à chaque fois que l'on parle de principes moraux ou doctrinaux, vous replacez le débat au niveau politique, étayé d'exemples historiques. Et pourtant, c'est bien au niveau des principes doctrinaux que DH se place, lorsqu'elle fait un lien explicite avec la Révélation, et énonce les principes comme découlant de la loi naturelle.
Je ne sais pas par ailleurs ce que vous entendez par "vous excluez toute coercition". La doctrine traditionnelle n'admet pas de coercition pour "forcer quelqu'un à croire" (si tant est que cela fût possible). En revanche, la doctrine traditionnelle admet qu'un état puisse (doive ?) contenir au privé (au besoin par la force) l'exercice du culte des fausses religions.
Résumons encore une fois :
Doctrine traditionnelle : le principe est que l'état doit contenir au privé l'exercice des faux cultes. Toutefois, pour éviter des troubles graves de l'ordre public, il peut et même doit parfois, voire même de nos jours peut-être universellement, tolérer. Cette tolérance ne fonde par contre aucun droit moral.
Doctrine DH : le principe doctrinal est qu'un état doit absolument laisser s'exercer publiquement tous les cultes, les faux comme le vrai, car cela correspond à un droit naturel (au sens loi naturelle) de l'homme.
Non, avec QC, on n'est pas "dans D.H.". QC ne prône pas l'Etat confessionnel "qui accepterait le culte public des autres cultes/religions". QC explique au contraire qu'accepter le culte public des autres religions, c'est favoriser l'indifférentisme.
On pourrait enfin s'interroger sur la contradiction interne suivante de DH, bien que cela nous éloigne un peu du sujet initial :
Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé.
DH semble donc ici admettre la possibilité de votre analogie danoise.
Enfin, le pouvoir civil doit veiller à ce que l’égalité juridique des citoyens, qui relève elle-même du bien commun de la société, ne soit jamais lésée, de manière ouverte ou occulte, pour des motifs religieux, et qu’entre eux aucune discrimination ne soit faite.
Ah oui, mais là il faudra donc m'expliquer quels seraient les privilèges dont pourrait bénéficier la religion d'état, sans que les autres religions ne puissent crier à l'injustice... Exit les "privilèges matériels" de votre exemple danois. Ou bien DH se placerait-elle elle-même dans le domaine de la "fiction juridique" ?
Cordialement
Meneau