Je viens de prendre connaissance de l'article du P. Basile, et ne partage pas du tout l'avis de Saint-Placide.
Il convient tout d'abord de savoir de quoi on parle. En effet, le P. Basile a écrit deux articles, l'un (2 pages) étant le résumé de l'autre (8 pages). Si l'on peut considérer le résumé malheureux parce que trop succin, La version complète n'est ni plus ni moins qu'une recension critique d'un théologien portant sur un ouvrage à portée théologique.
Examinons donc avec plus d'attention ce que Saint-Placide reproche à ce texte:
1) De la forme de cette recension.
Certes, Le P Basile ne fait pas le bisounours, mais qui pourrait lui reprocher? Il adopte au contraire un ton clair et adapté, un vocabulaire théologique, sans aucune agressivité malsaine. Il n'est pas d'accord, il l'affirme. Où-donc peut-on voir ici une quelconque once de "moderne", là où le ton est au contraire des plus classiques?
2) Du fond.
Saint-Placide reproche à l'auteur d'user de l'argument d'autorité du Magistère post-Vatican II pour justifier le Magistère post Vatican II. Il se réfère sans doutes à deux éléments bien distincts:
- l'utilisation des textes du concile pour justifier le
subsistit dans
Dominus Jesus. Le p. Basile s'en justifie pourtant d'une manière limpide:
Pourtant, il est bien normal, comme l’ont fait ces « Réponses », d’expliquer ce qu’un texte conciliaire a voulu dire, non pas tant par des textes antérieurs au concile, lesquels ne pouvaient connaître celui-ci, mais par ce texte lui-même, par les autres textes du concile sur le même sujet, et par les explications officielles données avant le vote du texte.
L'argument parait sensé : étant donné que le Magistère antérieur ne connait pas ce
subsistit, il ne parait pas incohérent de revenir au texte directement, ainsi qu'à tous les textes qui s'y rapportent, pour juger, non pas de l'othodoxie d'une proposition, mais pour comprendre cette proposition tel que la Concile l'entendait, en faisant appel à la logique et au bon sens.
- l'utilisation de l'argument d'autorité pour la reconnaissance de la validité de l'anaphore d'Addai et Mari. Sans doute peut-on reprocher au p. Basile d'être un peu court sur la question, voire un peu vague, même si, rappelons-le, il s'agit avant tout d'une recension. Nous ne comprenons pas bien où Saint-Placide voit ici l'invocation d' "une autorité critiquée par argumenter contre la critique", sachant que le P. Basile fait appel à Saint-Justin et à Suarez (excusez du peu, il y a pire en matière de modernisme...). Encore une fois, il serait intéressant ici que le P. Basile développe.
La conclusion de Saint Placide n'apporte rien de nouveau. Grosso modo, il avance que l'opinion du P. Basile n'engage que lui même, de même que celle de Gherardini. À la bonne heure! Il s'agit du concept même de
disputio, et à aucun moment le P. Basile n'a-t-il eu d'autre prétention.