Je vous remercie de cette précision, mais
vérification faite, il apparaît que Newman lui-même soit entièrement revenu sur cette théorie avant même de s'être converti au catholicisme, je
cite cet extrait, tiré d'un long historique de la vie de John-Henry Newman; les faits sont antérieurs à la conversion du futur cardinal catholique:
début de citation
"
Les Tracts for the Times
Il revint à Oxford le 9 juillet 1833. [...]
Les 25 et 26 juillet, au presbytère d'Hadleigh (Suffolk) se tint une réunion d’ecclésiastiques (sans Newman) de
la Haute Église (High Church) anglicane, où on résolut de soutenir la doctrine de la succession apostolique de l'Église anglicane, ainsi que l'utilisation du Book of Common Prayer dans son intégralité.
Quelques semaines plus tard, Newman commença à rédiger, de sa propre initiative, les Tracts for the Times[...]. Le but de l'entreprise était d’assurer une base doctrinale et disciplinaire solide pour l'Église d'Angleterre, dans la perspective de la fin de son « établissement » officiel par la monarchie britannique, ou d'une éventuelle décision des ecclésiastiques de la Haute Église de quitter l'institution établie. [...].
A cette date [En 1836], Newman devint rédacteur en chef à la British Critic, et donna une série de conférences dans une chapelle de Saint-Mary, où il défendait la théorie de l'anglicanisme comme une « via media », à mi-chemin entre le catholicisme et le protestantisme populaire.
Mais cette même année[1839], l'étude de l'hérésie monophysite l'amena à douter de la compatibilité entre l'anglicanisme et les principes d'autorité ecclésiale qu'il défendait. Ses doutes redoublèrent lorsqu'il lut, dans un article de Nicholas Wiseman paru dans la Dublin Review, les mots de saint Augustin contre les donatistes : « securus judicat orbis terrarum » (« le verdict du monde est concluant »). Newman explique ainsi sa réaction :
« Cette petite phrase, ces mots de saint Augustin, me frappèrent avec une force que des mots ne m'avaient jamais fait ressentir jusqu'alors... C’était comme ces mots, « Tolle, lege... Tolle, lege », prononcés par un enfant, qui avaient converti saint Augustin lui-même. « Securus judicat orbis terrarum » !
Ces grandes paroles du Père de l'Antiquité, interprétant et résumant tout le cours de la longue histoire de l'Église, réduisaient en miettes la théologie de la « Via Media »". - Fin de citation
Je ne sais pas tout, cher Yves, loin s'en faut, mais je suis loin de suivre aveuglément quiconque, même pas moi-même, surtout pas moi-même!
