Je ne vois pas pourquoi le fait de dire "Dieu est le Créateur de toutes choses" oblige à avoir deux mots distincts. Dieu est de toute éternité. Et puis (en plus)(un jour) Il a créé. Où est le problème ?
Dire que la Ste Vierge était dans les desseins de Dieu de toute éternité ne me dérange pas, bien au contraire. C'est même ce que die Pie IX. Dire qu'elle a toujours eu la prééminence dans Ses desseins ne me dérange pas non plus, bien au contraire. C'est également l'introduction de
Ineffabilis Deus Je ne prétends aucunement nier la place toute spéciale de Marie.
Dieu ineffable, dont les voies sont miséricorde et vérité, dont la volonté est toute‑puissante, dont la sagesse atteint d'une extrémité jusqu'à l'autre avec une force souveraine et dispose tout avec une merveilleuse douceur, avait prévu de toute éternité la déplorable ruine en laquelle la transgression d’Adam devait entraîner tout le genre humain ; et dans les profonds secrets d'un dessein caché à tous les siècles, il avait résolu d'accomplir, dans un mystère encore plus profond, par l'incarnation du Verbe, le premier ouvrage de sa bonté, afin que l'homme, qui avait été poussé au péché par la malice et la ruse du démon, ne pérît pas, contrairement au dessein miséricordieux de son Créateur, et que la chute de notre nature, dans le premier Adam, fût réparée avec avantage dans le second. Il destina donc, dès le commencement et avant tous les siècles, à son Fils unique, la Mère de laquelle, s'étant incarné, il naîtrait, dans la bienheureuse plénitude des temps ; il la choisit, il lui marqua sa place dans l'ordre de ses desseins ; il l'aima par‑dessus toutes les créatures, d'un tel amour de prédilection, qu'il mit en elle, d'une manière singulière, toutes ses plus grandes complaisances. C'est pourquoi, puisant dans les trésors de sa divinité, il la combla, bien plus que tous les esprits angéliques, bien plus que tous les saints, de l'abondance de toutes les grâces célestes[1], et l'enrichit avec une profusion merveilleuse, afin qu'elle fût toujours sans aucune tache, entièrement exempte de l'esclavage du péché, toute belle, toute parfaite et dans une telle plénitude d'innocence et de sainteté qu'on ne peut, au‑dessous de Dieu, en concevoir une plus grande, et que nulle autre pensée que celle de Dieu même ne peut en mesurer la grandeur.
Maintenant, relisons la définition du dogme : N
ous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège singuliers de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu.
Au premier instant de sa conception, par une grâce spéciale, elle a été préservée du péché originel.
Mais pourquoi par une grâce spéciale, si son âme a été créée AVANT le péché originel ? Avant le péché originel, quel besoin d'une intervention divine au moment de sa conception ?
Encore une fois, il n'a jamais été question de remettre en cause la primauté de la Ste Vierge, sa place spéciale dans la Providence divine, ni le fait qu'elle soit bien au-delà de toute créature.
Cordialement
Meneau