Ainsi que les circonstances de cette méditation.
Par manière d'honnêteté !
En fin de lecture, on comprendra que cela ne mérite pas ce procès !
Le samedi 23 janvier 1999 (et non 1992), un frère déposait sur le bureau de l'abbé de Nantes un texte extrait des ÉCRITS SPIRITUELS de sainte Louise de Marillac. Ce document n'est pas daté sinon de « la veille de la Conception de la Sainte Vierge », et il s'agit très probablement de la vigile du 8 décembre 1658. Ce jour-là, saint Vincent de Paul, sur la demande de sainte Louise de Marillac, présenta et ratifia, au Saint-Sacrifice de la Messe, l'oblation perpétuelle de la « Compagnie» des FILLES DE LA CHARITÉ, à Marie, leur « unique Mère », sous le vocable de l'Immaculée Conception.
«La veille de la Conception de la Sainte Vierge, ayant entendu la lecture de l'épître de ce jour» [« LE SEIGNEUR M'A CRÉÉE AU DÉBUT DE SES DESSEINS, AVANT SES ŒUVRES LES PLUS ANCIENNES. DÈs L'ÉTERNITÉ, JE FUS SACRÉE, DÈS LE COMMENCEMENT, AVANT L'ORIGINE DE LA TERRE.» (Pr 8,22-23)], sainte Louise de Marillac a pensé que la Sainte Vierge était venue avant la création, donc avant le péché originel, et même avant qu'aucune créature ne survienne qui pourrait un jour en être témoin.
« Je ne veux pas disputer avec les théologiens pour savoir de cette présence de Marie dans les siècles des éternités divines, si elle est de toujours à toujours, ou de l'origine des temps à la fin des temps et des jours, ou du moment de la création du premier homme et de la première femme, je n'en saurais discuter savamment, et encore moins sais-je comme eux tous le savent indubitablement! si cette présence de Marie au Père, au Fils, au Saint-Esprit, et son amour d'elle, répondant au leur, est encore une simple conception idéale, une pensée de Dieu, oui! si MARIE est éternellement et à jamais une première et merveilleuse idée divine, figée dans l'immuable éternité de la sagesse divine, là où, sans le savoir, le sentir ni le vivre, nous sommes aussi, et toutes choses, des idées ... ou si MARIE est dès l'aurore du monde, dès avant le lancement du balancier de la grande horloge cosmique, le bigbang initiateur, si elle est déjà esprit et cœur, âme vivante, déjà notre Reine, avant notre autorisation d'exister, éternellement saisie d'admiration, adorante, et dans une pureté supérieure à celle d'aucune créature décevante de ce Dieu qui se propose à son regard et à ses lèvres spirituelles comme Père, Époux et Roi, Esprit infus en elle, en plénitude d'amour mutuel, trinitaire, éternel.
«Je ne sais! Qui le sait? Je ne sais même pas ce que veulent dire les sages et les savants, quand ils pensent qu'en Dieu sont des Idées éternelles, et des Amours de ces Idées, et des vouloirs être de ces Idées aimées, sans que pourtant rien n'en existe vraiment, pas même une miette, laissant pendant une éternité d'avant ce qui sera plus tard, dans les années d'après, le monde et toute son histoire, des myriades d'anges bien chantant, et des multitudes d'êtres humains, saints et saintes bien vivants pour une destinée bienheureuse, laissant mon esprit écartelé entre la pensée d'un Dieu d'avant, éternellement et nécessairement solitaire en ses trois Personnes se réjouissant l'une l'autre et la troisième sans aucun témoin, ni aucune confidente, ni fille, ni épouse, ni mère - mon Dieu, quel ennui pour vous ! et passant d'un saut-en-longueur-record, à l'avenir du monde, après sa fin, à la pensée de ce même Dieu d'après, éternellement et gracieusement comblé de multitudes d'anges et de saints remplissant, enfin! toutes les immenses salles et chambres de son céleste palais !
« Il me vient alors une demi-mesure. Une modeste manière d'intermédiaire entre le Tout d'avant, absolument dépourvu de cadeau de Noël, ni mère, ni enfant nouveau-né dans la crèche, et le Tout d'après, absolument encombré de milliards d'adorateurs, et cet intermédiaire, c'est une Immaculée Idée des Personnes divines faite Vierge vivante, adorante, aimante ... si petite qu'Elle ne porte aucune ombre à la solitude, à l'unicité, à la perfection ni à l'altière béatitude du Dieu d'Aristote, l'Acte pur ... et cependant qu'en Elle déjà se trouve créée une telle merveille et perfection de sagesse, de soif d'adoration, et de vaillant amour, que tout le poids et le volume et le nombre et la figure du reste de l'univers n'y ajoutent pas le moindre surcroît d'être, de vie, de vertu.
«Au point que, si seulement les théologiens et les métaphysiciens me donnaient la permission d'imaginer la toute sage et belle, et espérante et aimante Immaculée Conception: MARIE toujours Vierge, dans les embrassements éternels du Père et du Fils l'envahissant de leur Esprit d'amour saint et créateur, il me semble qu'avant le monde tout le monde était déjà en Elle, en son Cœur Immaculé et, qu'après, tout ce monde s' y retrouvera sans que rien en Dieu n'ait vraiment changé, cependant que pour nous autres, changement inouï, d'une seule fois et pour toujours, enfantés de Marie, créés pour Elle par la divine TRIADE, nous serions en ce court intervalle passés du néant à l'être et de l'être terrestre à la béatitude céleste.
« La différence n'est pas grande, et c'est pourquoi je ne retiendrai même pas l'attention de nos vrais philosophes et de nos grands théologiens dont je ne suis même pas le dernier. La différence n'est émouvante que pour les simples et les pauvres, les ignorants et les martyrs de la vie, parce qu'ils espèrent fortement, immensément ALLER LA VOIR UN JOUR AU CIEL DANS LA PATRIE! mais ils n'en ont vraiment la certitude qu'en pensant d'Elle que depuis toujours, évidemment, elle est, ELLE, dans les bras du Bon Dieu, qu'ils se connaissent et s'aiment absolument depuis toujours! et qu'enfin si Jésus est, il a bien fallu qu'éternellement elle ait été sa mère terrestre et qu'elle soit toujours de même, Marie Immaculée, la Mère du Bon Dieu! Alors, elle nous connaît bien, elle sait bien ce que nous sommes, que nous n'étions que misère et même rien du tout, que nous sommes devenus à travers les milliards d'années, à sa prière, sous son regard, objets de miséricorde et donc que bientôt nous serons transformés de misère en miséricorde, en gloire et béatitude auprès d'Elle dans le sein du Père, de notre bon Père Céleste.
«Tout cela dit par manière de louange à MARIE, comme en un prologue de pauvre à l'Évangile de MARIE, sans prétention, et faites comme si c'était du délire sans consistance d'un esprit simplement dérangé ... ! ».