Merci Meneau, de votre discernement. L'expérience sensible type méditation transcendantale est en effet un risque, comme du reste une pratique trop rationaliste de la religion.
Je ne pense pas que la citation que j'ai faite de St augustin parle d'un don reçu de Dieu type "don des langues" : il s'agit d'une capacité à s'émerveiller qui, pour le coup, fait appel au sensible.
Car voilà la réalité : l'homme a une intelligence, mais celle-ci ne peut appréhender la totalité du réel. Le coeur, l'amour, le sensible font aussi partie de l'humanité(et c'est Dieu qui nous a faits ainsi dans sa profonde Volonté) .
A vous entendre, l'amour que vivraient un homme et une femme ne devraient passer que par la rationalité, excluant le sensible (la sensiblerie, quelle hérésie ; dire "areuh-areuh" devant un bébé, quelle ignominie) ; Or l'amour reçu et partagé en Dieu a une analogie avec l'amour humain, puisque nous sommes à l'image de Dieu.
Je veux bien croire que chez des charismatiques il y ait quelque chose qui relève de la psychothérapie, de la tentative "à tout prix" de faire du sensible ; mais de grâce, ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain, sinon c'est une réalité spirituelle féconde et bénie de Dieu que vous risquez de condamner. Nos mots enferment la réalité qui les dépasse. Pour exprimer l'amour infini, les mots ne suffisent plus et sont bien pauvres. C'est une réalité que notre intelligence peut comprendre.
Parfois je me demande si dans quelques milieux tradis, il n'y a pas une répugnance de la chair et du sensible qui relève plus du manichéisme que du christianisme. Mel Gibson pourtant a bien montré dans son film le fait que Jésus n'était pas un fantôme mais bien incarné ; il a même pleuré sur Jérusalem ou sur son ami Lazare.
Cordialement
Alcindor |