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JUILLET 2003 A MARS 2011

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Poisson de Mai Imprimer
Auteur : N.M.
Sujet : Poisson de Mai
Date : 2007-05-11 14:07:10

Pie IX n’a ni « désavoué ni mis à l’Index la brochure Dupanloup ». « Et cela suffit ». Cela suffit pour quoi ? Pour tenir que ladite brochure est « compatible » avec la pensée de Pie IX ? Ou bien affirmer ou laisser entendre qu’elle en est l’interprétation autorisée, faisant comprendre l’encyclique « comme il faut qu’on la comprenne », c’est-à-dire le moins précisément possible du côté où le bât blesse ? Pour accabler les présumés stakhanovistes du Syllabus ? Ou encore présenter avec des airs entendus ladite brochure voire le Syllabus comme une étape vers l’apothéose Vatican II ?

Ce n’est pas un hasard si Aubert et compagnie mentionnent avec tant de complaisance et tant de flou l’épisode de la brochure Dupanloup. Ce n’est pas non plus l’effet du hasard si l’on en retrouve la trace ici ou là…

« Commentateurs extrêmes »… Le Chanoine Maynard est-il l’auteur (ou la dupe) d’un vulgaire faux lorsqu’il fait état d’une lettre du Saint-Siège à destination de Mgr Dupanloup ?


« Au sujet des éloges et des reproches que Votre Grandeur a reçus pour ses écrits de la part du Pape, et en particulier pour l’écrit sur la Convention de septembre, vous avez dû remarquer le mot accuratius pour vous dire que vous deviez enseigner la doctrine avec plus de soin. Ce mot est un comparatif, lequel est exclusif du positif accurate, et signifie que vous n’aviez pas enseigné la doctrine avec assez de soin.

« Si le Bref de Sa Sainteté, que le secrétaire rédacteur connaît parfaitement, ne porte que ce mot pour vous blâmer, alors qu’il en porte plusieurs pour vous louer, c’est qu’on a pensé que ce seul mot suffirait pour un homme intelligent. ».



Cf. Chanoine Maynard, Mgr Dupanloup et son historien, M. Lagrange (brochure contemporaine), cité par l’Abbé Emmanuel Barbier, Histoire du catholicisme libéral et du catholicisme social en France, tome I, 1923,
note 173, p. 41.

Maynard, Barbier… vile piétaille !


1. Du magistère « léonien » et « pacelLien », je n’ai en effet cure dans notre histoire. Et pour une bonne raison, c’est que ni Léon XIII ni Pie XII ne sont venus proclamer que le droit à la liberté de conscience en matière religieuse au for externe et public était un droit naturel de la personne humaine.

Je vous rappelle tout de même qu’il s’agit là de l’objet du présent fil : en raison de sa nature, l’homme possède-t-il le droit, dans de justes limites, de ne pas être empêché par la puissance publique de poser des actes religieux relevant du for externe et public, de telle sorte que l'"Etat confessionnel" n'aurait pas le droit d'empêcher les actes externes et publics qui ne sont pas conformes à la vraie religion, en tant qu'ils ne sont pas conformes à la vraie religion (et non pas seulement en tant qu'ils viendraient à léser l'"ordre public juste") ? Manifestement, cela n’a pas l’air de vous intéresser. C’est grand dommage.

Il est vrai que les défenseurs de DH, et déjà les auteurs et défenseurs du schéma, se sont réclamés du « magistère léonien et pacellien ».

Sans aucun doute, les papes (avant Vatican II) ont toujours reconnu que « le Syllabus » ne pouvait pas toujours, et de moins en moins, être partout « appliqué à la lettre » (au passage : où suis-je censé avoir soutenu le contraire ???). Si les papes acceptaient « l’hypothèse », ils n’en ont pas moins affirmé « la thèse »… et non point élevé « l’hypothèse » au rang de « thèse » !


« Non, de par la justice ; non, de par la raison, l’État ne peut être athée, ou, ce qui reviendrait à l’athéisme, être animé à l’égard de toutes les religions, comme on dit, des mêmes dispositions, et leur accorder indistinctement les mêmes droits. […]

« Néanmoins, dans son appréciation maternelle, l’Église tient compte du poids accablant de l’infirmité humaine, et elle n’ignore pas le mouvement qui entraîne à notre époque les esprits et les choses. Pour ces motifs, tout en n’accordant de droits qu’à ce qui est vrai et honnête, elle ne s’oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit pouvoir user à l’égard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d’un mal plus grand à éviter ou d’un bien plus grand à obtenir ou à conserver. […]

« Mais il faut reconnaître, pour que Notre jugement reste dans la vérité, que plus il est nécessaire de tolérer le mal dans un État, plus les conditions de cet État s’écartent de la perfection ; et, de plus, que la tolérance du mal appartenant aux principes de la prudence politique, elle doit être rigoureusement circonscrite dans les limites exigées par sa raison d’être, c’est-à-dire par le salut public. C’est pourquoi, si elle est nuisible au salut public, ou qu’elle soit pour l’État la cause d’un plus grand mal, la conséquence est qu’il n’est pas permis d’en user, car, dans ces conditions, la raison du bien fait défaut. […]

« Mais une chose demeure toujours vraie, c’est que cette liberté accordée indifféremment à tous et pour tous n’est pas, comme Nous l’avons souvent répété, désirable par elle-même. […]

« Il n’est aucunement permis de demander, de défendre ou d’accorder sans discernement la liberté de la pensée, de la presse, de l’enseignement, des religions comme autant de droits que la nature a conférés à l’homme. Une liberté ne doit être réputée légitime qu’en tant qu’elle accroît notre faculté pour le bien ; hors de là, jamais. »

Léon XIII, Lettre encyclique Libertas, 20 juin 1888.




2. Bigre ! Voilà que je ne parviens pas à « expliquer pourquoi les papes de Pie VII à s. Pie X ont accepté la situation dite concordataire française, sans jamais la dénoncer formellement, tout en refusant en théorie, mais en théorie uniquement, les Articles organiques. » !

Si « les papes de Pie VII à s. Pie X ont accepté la situation dite concordataire française, sans jamais la dénoncer formellement », c’est effectivement parce que « le Syllabus » ne peut pas toujours et partout « être appliqué à la lettre ».


« Néanmoins, dans son appréciation maternelle, l’Église tient compte du poids accablant de l’infirmité humaine, et elle n’ignore pas le mouvement qui entraîne à notre époque les esprits et les choses. Pour ces motifs, tout en n’accordant de droits qu’à ce qui est vrai et honnête, elle ne s’oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit pouvoir user à l’égard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d’un mal plus grand à éviter ou d’un bien plus grand à obtenir ou à conserver. »

Léon XIII, Libertas.



Si je ne me suis pas donné la peine d’« expliquer » l’acceptation de la situation concordataire, c’est parce que j’ai récusé tout lien de nécessité entre ladite acceptation d’une part, et l’élévation de l’« hypothèse » au rang de « thèse » d’autre part. Vous soutenez apparemment le contraire. Fort bien. Je vous signale toutefois qu’il vous revient alors d’en administrer à tout le moins un commencement de preuve…

Mais pour vous, c’est clair : « Les Pères de Vatican II ont simplement pris acte en 1965 de la pratique du Magistère pendant le siècle et demi précédent ». Quel magnifique tour de bonneteau ! En deux temps trois mouvements l’« hypothèse » devient « thèse » sous les yeux des naïfs ébahis…

« La belle affaire ! »

Et du coup, « cette maxime absurde et erronée, ou plutôt ce délire » (Grégoire XVI) devient comme par enchantement un « droit » qui « a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même ».

Bravo l’artiste !


3. Sans doute « Nostra Ætate et son "religieux respect" qui serait dû aux religions non chrétiennes […] pose un vrai problème théologique et pastoral » (Je remarque au passage que vous adoptez la traduction « religieux respect » préconisée notamment par M. l’Abbé Barthe).

Sans doute, le syncrétisme ambiant empoisonne nos contemporains roulant vers l’apostasie ou croupissant dedans depuis déjà long feu. « Sujet vital » assurément !

Mais est-ce là une raison pour avaliser en quoi que ce soit une « liberté de perdition » ? Est-ce là une raison pour mettre sous le boisseau la royauté sociale du Christ ? Si l’on doit rendre ce témoignage à Mgr Lefebvre, c’est bien d’avoir été le héraut de la royauté sociale du Christ contre ladite « liberté religieuse » qui la mine en son principe.

J’ai encore la faiblesse de croire que le catholique vit de l’ensemble des vérités de foi, les vérités révélées et les vérités connexes au Donné Révélé.

Bien sûr, c’est un peu « ringard », de « peu d’intérêt pratique » ( !!! ), et sent son « intégriste » à plein nez…

N.M.





La discussion

 Pour les théologiens du forum..., de Deo gratias [2007-05-09 13:30:31]
      Moi, je pense ..., de Antoine [2007-05-09 13:41:23]
          Mgr Lefebvre :, de Antoine [2007-05-09 13:53:31]
      Liberté religieuse, de Michel [2007-05-09 14:08:15]
      apparente contradiction!, de Prof [2007-05-09 14:23:47]
          Je ne crois pas, de Vianney [2007-05-09 15:05:54]
      Réponse sur la liberté religieuse, de Abel [2007-05-09 15:05:07]
      Quand l'Eglise a promulgué ..., de Ion [2007-05-09 15:06:59]
          Si vous lisez les textes d'Abel..., de Antoine [2007-05-09 16:04:27]
          Seriez-vous embusqué, de Abel [2007-05-09 16:04:30]
              Juste un coïncidence, cher Abel ..., de Ion [2007-05-09 16:51:21]
          Mais non !, de Philippilus [2007-05-09 22:47:06]
      Un peu rapide, de Xénophon IV [2007-05-09 15:57:54]
      [réponse], de Athanasios D. [2007-05-09 17:27:32]
      une réponse d'historien , de Luc Perrin [2007-05-09 23:43:37]
          Voilà ce qui s'appelle noyer le poisson !, de N.M. [2007-05-10 09:01:24]
              le poisson se porte bien, de Luc Perrin [2007-05-11 00:14:26]
                  Poisson de Mai, de N.M. [2007-05-11 14:07:10]
          Autre réponse d'autres historiens, de N.M. [2007-05-10 09:16:52]
      Un avis de théologien, de BK [2007-05-10 05:30:25]
      En sens inverse, de BK [2007-05-10 05:32:51]
      Je remercie..., de Deo gratias [2007-05-10 16:45:27]