Il me semble qu'une lecture univoque des textes que vous citez est au principe des apparentes contradictions que certains mettent à jour. Je ne crois pas que la liberté religieuse soit envisagée dans la même perspective dans le syllabus de Pie IX et dans DHP de Paul VI. La lecture isolée d'un texte du Magistère, que l'on refuserait de lire à la lumière du Magistère antérieur, peut par ailleurs prêter à ambigüité.
Notez que Saint Thomas ne croyait guère à l'immaculée conception à son époque, apparemment contraire au dogme de la Rédemption: celle-ci étant universelle, elle devait s'appliquer à tous les descendant d'Adam. Ce n'est qu'au XXème siècle que l'Eglise explique que la Sainte Vierge a été préservée du péché originel par anticipation des mérites du Christ. La contradiction n'était en effet qu'apparente.
Car si le dépôt révèlé est clos depuis la mort de saint Jean, la connaissance que nous en avons est progressive, relativement aux exigences de la nature humaine. L'homme est en effet un être raisonnable alors que les anges sont intelligents. La raison est l'intelligence en mouvement, et le mouvement est mesuré par le temps. Contrairement à ce que pense Descartes, la connaissance n'est donc pas innée chez l'homme: elle s'acquiert progressivement. Et le Christ, qui est l'Auteur de la nature humaine, mais aussi le fondateur de la Sainte Eglise, s'est donc soumis aux exigences de la nature qu'il nous a conférée. Aussi l'Eglise, gardienne du dépôt, explicite au cours des siècles le dogme qui y est implicitement contenu et expose toujours plus précisément ce qui doit être cru. |