Votre "détour par l'histoire" n'est ni clair ni probant !
Je vous rappelle que l'objet de la controverse est double :
1. Le droit à la liberté de conscience en matière religieuse au for externe et public est-il oui ou non un droit naturel de la personne humaine ?
De telle sorte que l'"Etat confessionnel" n'aurait pas le droit d'empêcher les actes externes et publics qui ne sont pas conformes à la vraie religion, en tant qu'ils ne sont pas conformes à la vraie religion (et non pas en tant qu'ils viendraient à léser l'"ordre public juste").
2. Ce droit a-t-il été condamné par l'Eglise (encycliques Mirari vos de Grégoire XVI et Quanta Cura de Pie IX) avant que d'être proposé comme fondé sur la Révélation par Vatican II ?
Dans cette controverse sont donc hors sujet les questions par vous invoquées : "l'être humain doit rechercher la Vérité et ne peut se complaire dans l'erreur" ; "l'Eglise n'est aucunement indifférente à la politique et ne pourra jamais accepter d'être reléguée à une prétendue "sphère privée"" ; "Etat confessionnel" etc.
Sont également hors sujet la plupart des exemples historiques que vous faites valoir : le Concordat et sa rupture, le Ralliement, la fin de la politique du "non expedit"... On peine à comprendre en quoi la question du "non expedit" ou celle du Ralliement auraient un quelconque rapport avec notre sujet. Quel rapport entre la liberté religieuse au for externe et public d'une part, la reconnaissance des autorités constitués et le "retour des catholiques en politique" d'autre part ? Quel rapport entre une question de principe, d'une part, et un assouplissement pratique dans un contexte donné, et nouveau, d'autre part ?
Certes, nous rejoignons ce faisant la problématique de la thèse et de l'hypothèse. Mais justement, les exemples historiques que vous invoquez se réfèrent tous à l'hypothèse et non point à une impossible évolution de la thèse.
Et comme souvent l'histoire est invoquée pour noyer le poisson...
Non sans légèreté, d'ailleurs...
Peut-on, ainsi que vous le faites, affirmer que l'interprétation de Mgr Dupanloup fut en tout et pour tout approuvée par Pie IX ? Beaucoup d'historiens se contentent en effet de répéter cette opinion généralement reçue, sans se donner grand peine pour y regarder de plus près.
N.M.
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