| Auteur : Vianney |
| Sujet : Deux points ou trois ? |
| Date : 2011-01-11 16:58:19 |
Je vois au moins trois points que vous jugez “obsolètes” :
"XXXI. Le for ecclésiastique pour les procès temporels des clercs, soit au civil, soit au criminel, doit absolument être aboli, même sans consulter le Siège Apostolique et sans tenir compte de ses réclamations.
XXXII. L'immunité personnelle en vertu de laquelle les clercs sont exempts de la milice, peut être abrogée sans aucune violation de l'équité et du droit naturel. Le progrès civil demande cette abrogation, surtout dans une société constituée d'après une législation libérale."
De même ceci est manifestement obsolète, la première partie, depuis 1870 : "XXIV. L'Église n'a pas le droit d'employer la force ; elle n'a aucun pouvoir temporel direct ou indirect."
Personnellement, je ne vois pas en quoi un de ces points serait “manifestement obsolète” (toujours sur le plan des principes). Sur le for ecclésiastique, ce serait d’ailleurs plutôt à vous de répondre à Meneau :
Et concernant le for ecclésiastique, pour finir, ce que le Syllabus récuse c'est le droit pour un état d'abolir unilatéralement ce for, sans en référer à l'Eglise qui serait apte à en discuter les conditions. Il est normal que les clercs bénéficient de certains privilèges. Par exemple que diriez-vous si la loi obligeait le prêtre à violer le secret de la confession pour instruire un procès civil ?
Quant au pouvoir temporel de l’Église, elle y a provisoirement renoncé en pratique, au moins depuis les accords du Latran avec Mussolini. Mais même votre Maritain, dans Primauté du Spirituel, ne nie nullement son pouvoir indirect sur le temporel “au titre des intérêts divins” dont elle a la garde.
Selon le R.P. Choupin (Valeur des décisions doctrinales et disciplinaires de l’Église, p. 156), il n’est pas certain que le Syllabus soit une définition ex cathedra, mais c’est incontestablement “une décision doctrinale du Pape, faisant autorité dans l’Église universelle” : comme telle, elle ne peut rien contenir de contraire à la foi (même si, par exemple, la doctrine du pouvoir direct sur le temporel n’est, à ma connaissance, qu’une opinion théologique).
Il y aurait beaucoup à dire sur le raisonnement et l'aspect "principe", notamment pour rappeler que D.H. - j'ai donné la citation - reprend l'exigence de chercher la vérité et de s'y tenir quand on l'a trouvée.
C’est bien le moins, il me semble, venant de catholiques ! Mais c’est insuffisant, et Pie XII nous dit pourquoi : seule la vérité a des droits dans toute société, tout ce qui n’y est pas pleinement fidèle ne bénéficie que d’une tolérance, toujours révocable. Principe fondamental rappelé par Le Sel de la terre, et pleinement conforme à l’affirmation du Christ : “Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre”.
Aucun des concordats d’avant Vatican II ne récusait ces principes, même si aucun n’en tirait toutes les conséquences : pour ces deux motifs, ils restaient fidèles à l’enseignement de l’Église rappelé par les papes jusqu’à Pie XII. |
|