Comment expliquez-vous que saint Grégoire le Grand, élu évêque de Rome dès le mois de février 590, à la mort de son prédécesseur Pélage II, et qui ne sera consacré évêque que le 3 septembre suivant, après l'acceptation de l'empereur byzantin, ait dès le début pris pleinement en main le gouvernement de l'Eglise romaine, qui d'ailleurs en avait grand besoin ?
Or il n'avait pas accepté son élection puisqu'il écrivait à l'empereur des lettres pathétiques pour lui demander de lui épargner cette charge.
Ce n'est pas l'acceptation qui fait le pontife romain, c'est uniquement l'élection, mais canonique, autrement dit légitime.
D'ailleurs la Constitution apostolique
Universi Dominici Gregis le reconnaît expressément au numéro 70 :
si quelqu'un a recueilli les deux tiers des voix, il y a élection canoniquement valide du Pontife Romain.
Cela resterait vrai même si l'élu était absent du conclave et n'acceptait son élection que plusieurs jours, ou même plusieurs mois après (comme cela s'est produit à plusieurs reprises dans le passé : exemples, Clément V, ou Urbain V etc...)