toute la difficultée c'est qu'une fois que l'on considère que le surnaturel est une exigence de la nature humaine, n'est-il alors pas dû à la nature humaine? l’ordre surnaturel ne serait alors plus surnaturel mais naturel, il s’inscrirait dans les limites de la nature.
l’homme, du fait qu'il est homme se trouve sur la voie du salut. on est alors dans le sillage de la formule de Karl Rahner : « les chrétiens anonymes », ces hommes qui sont chrétiens sans le savoir, sans même avoir reçu le baptême ce qui conduit à l’indifférentisme( la religion à laquelle on appartient n'a aucune important), l’oecuménisme et, cerise sur le gâteau, l'inutilité de l’Église catholique pour se sauver...
vers la fin de sa vie Lubac se livra à un « examen de conscience ». « Cette époque n’est pas moins sujette aux égarements, aux faux pas, aux illusions, aux assauts de l’esprit du mal. (…) N’aurais-je pas mieux fait de concentrer mon travail intellectuel sur le centre de la foi et de la vie chrétienne ? (…) Depuis sept ou huit ans, je suis paralysé par la peur d’affronter de face, de manière concrète, les problèmes essentiels dans leur actualité brûlante. Cela a-t-il été sagesse ou faiblesse ? Ai-je eu raison ou tort ? (…) N’aurais-je pas apparemment fini, malgré moi, dans le clan intégriste qui me fait horreur ? »
Ainsi, de Lubac avait toujours horreur des défenseurs de la foi intégrale, mais s'il s'était réjoui au début de sa vie de démolir leur travail, à la fin de sa vie, quand l'oeuvre de destruction fut accomplie, il se chagrina de l'état de ruine dans laquelle se trouvait l'Eglise. |