Les ordinations de 1976 (qui valurent déjà la suspens) étaient-elles nécessaires ?
Pour répondre à votre question sur les évêques, Mgr Lefebvre était l'un des plus jeunes du Coetus. Né en 1905, il avait 57 ans lors de l'ouverture du Concile.
Or, en 1988, vingt-cinq ans après, il fallait trouver plus qu'un évêque, il fallait trouver une "trempe", pas uniquement un évêque qui ait des sympathies pour la messe traditionnelle, mais un prélat capable de subir ce qu'avait déjà subi Mgr Lefebvre : la pression médiatique, la pression hiérarchique, les condamnations.
Rappelez-vous qu'en 1988, à quelques rares exceptions près, les prélats de Curie étaient dans l'idée que la FSSPX était une réserve d'indiens qu'il fallait progressivement faire revenir à l'esprit des réformes.
Puisqu'il faut faire des "si", je pense qu'en toute bonne foi, on peut considérer que si un jeune évêque s'était levé pour continuer la sauvegarde de la messe et de la doctrine traditionnelles, il aurait subi les foudres romaines. Il aurait subi le même sort que Mgr Lefebvre. Il y avait peut-être un certain nombre d'évêques regardant avec attention ce qu'il faisait, mais capables de braver la suspens qui frappait les clercs du mouvement traditionnel, visiblement, ils étaient moins nombreux, à part un vieil évêque brésilien, qui a d'ailleurs co-sacré.
Tenez, regardez maintenant, même des oeuvres comme l'ICRSP ou la FSSP n'ont toujours pas d'évêque auxiliaire et dépendent dans bien des cas d'évêques pas toujours très complaisants. C'est dire la prudence de Rome sur la pérennité du mouvement traditionaliste. |