le saint Padre Pio a échappé, par la grâce protectrice de Paul VI, aux premières réformes de 1964, 1965 et 1967. Celle de 1967 ayant par exemple mis fin au silence du Canon.
Les nouvelles prières eucharistiques ont été inventées en 1968.
La révolution de 1969 est l'aboutissement d'un processus : Annibale Bugnini voulait un bouleversement continuel afin de permettre une rupture culturelle et mentale avec la liturgie romaine authentique.
Bien des prêtres entre 1964 et 1969 n'ont pas appliqué ces changements constants, plusieurs sont restés au latin ; des témoins m'ont assuré que le missel traditionnel est demeuré en usage par le chapitre de Notre-Dame de Paris jusqu'en 1970. Quelques paroisses parisiennes avaient maintenu une messe latine la plus traditionnelle possible jusqu'en 1970 par exemple ; cela s'est sans doute vu ailleurs qu'à Paris, tout en introduisant les révisions pour les autres messes.
Plusieurs abbayes ont continué à dire la messe selon sa "forme (devenue) extraordinaire" : un projet de messe latine révisée mais assez proche de 1962 pour les couvents a été caressé jusqu'en 1974.
Il me semble qu'une injonction en 1974 impose l'usage du NOM sauf prêtres âgés et l'unique indult dit d'Agatha Christie.
Nonobstant dans plusieurs paroisses isolées, le curé a poursuivi : parfois il est entré en conflit avec l'évêque, parfois il a été "ignoré" par la chancellerie qui attendait simplement sa retraite ou son décès.
Enfin n'oublions pas l'importante "preuve par Campos" (J. Madiran) : de 1969 à 1981, le diocèse de Campos (Brésil) - SANS INDULT - a continué à célébrer selon l'unique missel de 1962 par décision de Mgr de Castro Mayer, l'évêque, qui en avait appelé à Paul VI par lettre mais n'a jamais reçu - du moins à la connaissance du public - une réponse. Ce choix, unique au monde à ma connaissance, n'a jamais été contesté publiquement par Rome et l'excommunication de Mgr de Castro Mayer n'est intervenue qu'en 1988 à cause des sacres.
nb. sous l'Ancien Régime et jusque sous Pie IX, la cohabitation de divers missels fut la règle en France au moins. Le jeune abbé Prosper Guéranger, pas encore bénédictin, le raconte fort bien. |