Dinstinguer l'historicité (et non la véracité, entendons nous. La Bible dit toujours vrai, mais sous plusieurs modes, ne serait-ce que ses divers styles littéraires. C'est peut-être cette nuance qui vous gène aux entournures.) appartient à la science exégétique, conduite selon les bonnes méthodes prescrites par l'Eglise, sans s'écarter "des principes et des règles d'herméneutique si justement fixés par Nos Prédécesseurs d'heureuse mémoire Léon XIII dans l'Encyclique Providentissimus et Benoît XV dans l'Encyclique Spiritus Paraclitus et par Nous-même dans l'Encyclique Divino afflante Spiritu" (Pie XII, Humani Generis).
Mais comme déjà dit, la Bible, et la Genèse en particulier, ne sont pas des traités d'astro-physique, de Biologie, ou à fortiori d'histoire! C'est par exemple l'erreur commune de ceux qui pensent que Galilée avait raison contre la Bible, alors que le problème n'était pas du tout celui-ci.
De plus, si en effet la Bible est inspirée par Dieu, ce n'est pas lui qui la rédige directement. Elle est donc tributaire du médium humain. Pour la Genèse, attribuée à Moïse, il est évident que l'auteur n'était pas là lors de l'Oeuvre des "sept jours"! Il faut donc, pour décrire des évènements bien réels (la création de l'univers, des créatures et de l'homme) qu'il emploie un langage imagé. L'auteur sacré sait par Dieu la réalité des évènements décrits, mais les exprime avec les limitations (mais aussi la grande beauté, souvent!) de la langue humaine, et de ce qu'il comprend lui-même des choses qu'on lui inspire. Il dit le Vrai, mais il ne dit pas l'Histoire, du moins au sens de "science historique", notion d'ailleurs elle-même plutôt moderne.
Mais en d'autres situations, les livres Bibliques disent non seulement la vérité bien sûr, mais aussi l'histoire. C'est le cas des évangiles. Il appartient aux exégètes, sous l'autorité de Notre sainte Mère l'Eglise et nulle autre, de distinguer ces situations.
Par contre, contester l'autorité d'une commission biblique instituée par saint Pie X ne peut pas nous mener loin, je pense, sauf à contester les jugements ultérieurs (Pie XII), dans un sens ou dans l'autre (et c'est ainsi que vous ouvrez vous même une brèche aux modernistes: si vous contestez dans un sens de fermeture, eux peuvent se sentir libre de le faire dans un sens d'ouverture, et c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres!), voire antérieurs: si Rome atort en 1900, pourquoi pas aussi en 1700 et avant, sur d'autre sujets, et alors que les hérésies ne manquaient pas non plus!
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