un mérite de convenance, auquel peuvent prétendre même les payens...? Un acte bon ne peut que toucher la bonté de Dieu, même si en justice, cet acte dénué de charité ne peut prétendre rapporter à son auteur le moindre salaire surnaturel. De ce mérite au moins, l'effort peut témoigner, non ?
(je ne dis pas ça pour chercher à me défendre, je reconnais avoir répondu trop vite en fonçant dans le piège ! Mea Culpa !)
Et je conviens avec vous que le plus grand mérite est celui qu'une âme en état de grâce obtient par la charité. Ne croyez-vous pas, cependant, que si l'on parle de mérite d'un effort, c'est peut-être que l'effort, ou plus encore le sarifice, sont souvent une manifestation extérieure de la charité, de sorte qu'on confondrait la cause et son effet ? Beaucoup de choses difficiles ne sont entreprises que grâce à un grand amour qui les motive - même si hélas, il existe des moteurs moins nobles, comme l'orgueil.
Et cette charité, elle, nous est impossible sans Dieu. De sorte que "Ce qui fait le mérite de nos actes, dit saint Augustin, c'est ce que Dieu y met", ce qui rejoint la préface de la Toussaint : "Quand tu couronnes nos mérites, Seigneur, tu couronnes tes dons."
Finalement, nous méritons donc bien peu, par nous mêmes !
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