ne détruit pas la nature, cher Florilège, mais quelquefois, elle la surpasse tellement qu'on ne voit plus qu'elle. Inversement, beaucoup de choses peuvent nous paraître du hasard et qui relèvent uniquement de la nature. Mais par la foi, on sait que rien n'est laissé au hasard.
Cette question que j'ai soulevé en appelle une multitude d'autres.
Pour ce qui est des psy, je pense que s'ils sont si nombreux aujourd'hui, c'est qu'on a oublié justement la part naturelle de la religion chez l'homme. D'une certaine façon, la confession est équilibrante naturellement, car "on vide son sac", ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi, d'un point de vue certainement naturel. Le surnaturel joue la part la plus importante dans la confession, mais qui ne se sent pas mieux après une longue période sans confession? Psychologiquement, c'est parce que "ce ne sera plus à faire", mais la grâce y est aussi pour quelque chose. Le démon trompe, opresse, trouble. La confession est quand même un coup de fouet pour l'âme au niveau spirituel.
Je reconnais que la grâce ne suffit pas. Il faut aussi les moyens que Dieu nous a donnés au niveau naturel, sinon on tombe dans l'angélisme. Allez vous mettre devant votre frigidaire cassé et priez St Joseph pour qu'il vous le répare. Vous verrez bien s'il vous exaucera.
Pour en revenir à ces vertus naturelles, et que beaucoup de païens ont sans la religion (justice force tempérance), elles ne deviennent méritoires qu'en fonction de la foi, l'espérance et surtout la charité qui ne dépendent pas de nous, mais de ce que Dieu nous donne. La question du mérite est importante. Sans la grâce, il est impossible de mériter, et ces vertus surnaturelles ne dépendent pas directement de notre vouloir. Sujet à méditer pour l'humilité...
Mais dans quelle mesure méritons nous pour les vertus naturelles?
"Si je donne mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien." St Paul. Les vertus naturelles, telles que le courage par exemple. Voyons un exemple pour ça.
Quelqu'un qui a un grand courage, mais qui a une charité petite, méritera probablement moins que celui qui a une grande charité, et qui a un faible courage... Mais c'est encore un mystère. On ne peut savoir comment l'infinie justice de Dieu tranchera.
Les païens qui ont ces vertus naturelles sans la grâce, par exemple, le bon Dieu fera en sorte de les récompenser ici-bas par la prospérité matérielle. Pourtant "qui n'est pas avec moi est contre moi," a dit Notre Seigneur. c'est assez hallucinant cette question du mérite et de la prédestination.
La question de la prédestination, voila une autre énigme... Comment Dieu peut-il ne pas vouloir le mal, alors qu'il sait dans sa science infinie, que nous irons oui ou non au ciel?
Bon. Je ne veux pas confondre. Mais la question du mérite que nous avons pour le ciel ne dépend pas de nous si on se place que d'un point de vue surnaturel, car celui-ci ne dépend pas de nous, mais de Dieu. Inversement, nous ne méritons rien pour le ciel d'un point de vue naturel car le mérite ne dépend dans l'absolu pas de nous, mais de Dieu, qui seul peut nous donner cette vertu essentielle qu'est la charité.
Mais en réalité les deux sont tout à fait liés, et c'est ce pourquoi nous méritons. Mais le mérite vient plus de Dieu lui-même que de nous. Ce n'est que parce que nos actes sont mêlés au vin, lors de l'offertoire, que nos actes prennent une valeur pour le ciel. Manger devient alors un acte méritoire, car si c'est dans l'état de grâce que nous mangeons, alors oui nous méritons.
Le modèle d'équilibre qu'était Mgr Lefebvre nous rappelle qu'en fait il faut utiliser pleinement le naturel et le surnaturel. Il faut se servir des deux. Là encore la parole de St François de Salle est pleine d'enseignement:"priez comme si tout dépendait de Dieu. Agissez comme si tout dépendait de vous-même."
Qu'en pense ce cher Accipiter pour cette question du mérite?
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