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JUILLET 2003 A MARS 2011

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Confession et psychologie Imprimer
Auteur : Dominique Degoul
Sujet : Confession et psychologie
Date : 2004-11-02 17:46:50

La confession et le travail psychologique se complètent, s'interpénètrent, et ne sont pas pour autant exactement du même ordre.

Un travail psychologique est un travail qui vise à rendre à quelqu'un sa santé, c'est à dire par exemple :
- sortir d'une dépression
- analyser les raisons d'un comportement compulsif pour pouvoir le changer
- mettre fin à une phobie...
- régler les conséquences d'un traumatisme passé mal "digéré"...
Ce travail permet à celui qui le fait d'acquérir une plus grande liberté, c'est à dire de choisir davantage et de moins subir ce qui lui est imposé par sa complexion psychologique.

La confession est d'un autre ordre : elle consiste à reconnaître devant Dieu notre état de pécheur, qui s'est manifesté concrètement dans un certain nombre de péchés. Et à accepter que l'amour de Dieu nous soit donné de nouveau, alors que nous nous en sommes (une fois de plus...) rendus indignes.

La connexion entre les deux me paraît liée au fait que nous ne commettons pas de péchés au hasard. A moins d'être au stade du péché mortel (le choix radical du péché en pleine conscience qu'il nous sépare définitivement de Dieu pleinement connu comme l'amour qui se donne gratuitement), nous sommes généralement portés à pécher là où nous sommes psychologiquement plus fragiles.
Par comparaison, le Christ a été tenté au désert, précisément là où son jeûne l'avait fragilisé : la faim.
De même pour nous, nous sommes tentés de pécher précisément là où notre histoire psychologique "nous fait mal". Naturellement, pourrais je même dire, nous pêchons là où nous sommes blessés : les enfants battus deviennent souvent des parents maltraitants.

Ne pas pécher est alors souvent un acte de résistance contre notre propre histoire. Alors que "tout" nous conduirait à reproduire un mal que nous avons subi, nous pouvons dire "non", en quelques sortes en pardonnant notre propre histoire. Annah Arendt disait que seul le pardon était le véritable acte, que tout le reste n'était que reproduction de ce qui avait été subi.
Mais il y a deux manière de dire "non". Soit, bien que nous soyons tentés, nous pouvons sans trop de difficulté obéir aux commandements de Dieu. C'est la manière extérieure : la loi nous sert de tuteur.
Soit, bien que nous connaissions les commandements de DIeu, nous sommes incapables de les respecter. Nous savons par exemple que "celui qui se met en colère contre son frère est un meurtrier",mais nous nous mettons cependant dans des colères noires. Nous risquons alors de rentrer dans une lutte épuisante contre nous mêmes, perdant régulièrement le combat que nous nous étions pourtant promis de gagner la prochaine fois.
Ici, un travail psychologique peut être utile. Il permettra de révéler ce qui sous tend ce comportement. Un ami prêtre sujet à des colères répétitives m'a dit qu'il avait compris que les situations où il se sentait "lâché" par d'autres le mettaient dans une colère terrible parce que, à l'âge de 3 ans, il avait été séparé près d'un an de ses parents pour raison médicales, et l'avait vécu comme un abandon. Lorsqu'il sent venir la colère, il sait maintenant à quoi s'en tenir sur "d'où ça vient"... et peut ne pas être envahi par cela.


De ce point de vue, le travail psy et la confession peuvent se compléter. Le travail psy permet de repérer les moments de notre histoire où nous avons été blessés, et donc qui sont générateurs de péchés.
A l'inverse, la confession peut améliorer passagèrement l'état psychologique (on se sent plus léger après); mais, bien plus profondément, elle nous rappelle que nous avons été créés pour être libres et pour orienter notre liberté vers Dieu. Et elle peut ainsi aider le travail psychologique de celui qui en a besoin, en maintenant le "cap" pour celui dont la situation est troublée.


La discussion

 Le rapport mystérieux du naturel et du surnaturel, de Eti Lène [2004-11-02 12:16:13]
      plaisir des yeux, de ExDoLu [2004-11-02 12:18:40]
          La messe, de Eti Lène [2004-11-02 15:13:17]
      le surnaturel, de Florilège [2004-11-02 13:55:20]
          La grâce, de Eti Lène [2004-11-02 16:03:04]
              mérite, de Florilège [2004-11-02 16:35:16]
                  Attention, piège !, de Simplicissimus [2004-11-02 17:08:44]
                      probablement, de Accipiter [2004-11-02 17:18:27]
                          Et non !, de Simplicissimus [2004-11-02 18:00:43]
                              vertu ?, de Florilège [2004-11-02 18:04:33]
                      anecdote, de Esperanto [2004-11-02 17:32:17]
                      A pourfendre!, de Charlier [2004-11-02 18:08:58]
                          n'y a-t-il pas néanmoins, de Accipiter [2004-11-03 11:22:10]
                              mérite et grâce, de Charlier [2004-11-03 15:29:51]
                  Le rapport avec la messe, de Eti Lène [2004-11-02 17:11:29]
              hein ? qui ? moi ?, de Accipiter [2004-11-02 17:11:22]
              Confession et psychologie, de Dominique Degoul [2004-11-02 17:46:50]
                  Excellent!, de Eti Lène [2004-11-02 17:58:12]
                      Je peux tout..., de Dominique Degoul [2004-11-02 18:39:54]
                  très éclairant, de Florilège [2004-11-02 17:59:09]
      surnaturel = contrôle total de la matière, de Takoon [2004-11-02 14:31:14]
          Bon........, de Florilège [2004-11-02 14:55:12]
              il n'y a de limites que sa foi., de Takoon [2004-11-02 15:41:26]
          Le surnaturel cher Takoon, de Eti Lène [2004-11-02 17:27:55]
          surnature et spiritualité, de Charlier [2004-11-02 18:50:00]
              Merci, de Eti Lène [2004-11-03 09:09:36]