Il y a une idée, en ce domaine, à transpercer, pourfendre, briser, démolir et réduire en bouillie : c'est celle selon laquelle la mesure du mérite serait la difficulté.
Cette idée est partout répandue. Ah, cette femme, elle a bien du mérite, avec tous ces enfants ! Cet homme, comme il souffre, quel mérite !
NON, NON, NON et NON. Il faudrait consacrer à ce point des développements plus long. L'essentiel est ici : La mesure et la seule mesure du mérite, en régime chrétien, c'est l'amour-charité.
Celui qui mérite davantage, ce n'est pas celui qui souffre le plus, c'est celui qui aime le mieux. Rien de plus souffrant qu'un damné ; rien pourtant de moins méritant. Le propre de la vertu, d'ailleurs, est de faciliter la pratique de l'oeuvre juste. Il est plus aisé à un saint d'être juste dans ses rapports avec autrui qu'à un homme sans vertu. Dira-t-on, pour autant, que l'oeuvre du premier est moins méritoire que celle du second ?
La mesure du mérite est l'amour. C'est pourquoi sainte Thérèse a pu dire: Au dernier jour, nous serons jugés sur l'amour, ce qui correspond exactement à cette autre proposition : au dernier jour, chacun sera jugé selon ses mérites. |