"Je précise enfin que la France a signé cet Armistice alors qu'elle avait été battue en six semaines à plate-couture, mais que Hitler lui-même dira plus tard qu'il avait fait une erreur en le signant et que Churchill avouera dans ses mémoires que le Gouvernement français s'en était bien sorti et donc, dans la situation qui était alors la sienne, s'était plutôt bien débrouillé." (J.-P. Parfu)
J'ignorais cette appréciation qui contraste, singulièrement, avec tout ce que l'on sait des sentiments du gouvernement britannique en 1940 cf. Mers el Kébir et en juin 1940 la proposition anglaise de fusion franco-britannique.
Mais, si cela est exact, la seule chose qu'on puisse ajouter est qu'un indubitable grand homme, tel Churchill, peut aussi proférer des bêtises insondables. C'est plutôt rassurant d'une certaine manière pour nous autres ici qui sommes des petits et c'est sans doute le message positif que vous vouliez nous transmettre cher M. Parfu à propos du calamiteux et indéfendable armistice de 1940.
Sur le fond, il suffit de comparer les conditions du traité de Francfort en 1871 (défaite française déjà) et celle de Rethondes 1940 pour mesurer combien les conditions acceptées par le gouvernement Pétain étaient léonines et que Vichy était bien l'état du "prince esclave" comme l'a écrit ensuite le P. Fessard sj.
Maintenant, pour reprendre l'argument initial du fil, l'armistice débilitant de 1940 était-il un "moindre mal" ? Peut-être mais ce n'est pas sûr, en particulier la poursuite de la lutte à partir de l'empire n'a pas alors été tentée et la suite a montré que c'était possible. D'autre part si Pétain (ou Reynaud) avait choisi l'exil comme plusieurs autres gouvernements de pays européens écrasés par l'armée allemande, la France s'en serait-elle moins bien trouvé ? C'est loin d'être sûr et plusieurs historiens comme R. Paxton penchent pour la négative. Le simple fait qu'on se pose encore la question en 2010 est assez révélateur alors que la décision de 1871, elle, ne fait plus débat aussi cruelle qu'elle ait pu être pour les Alsaciens-lorrains de l'époque.
Dans ce fil, j'ai lu aussi une affirmation surprenante qui tendait à prétendre que l'Église est comme un navire dont la barre serait en pilotage automatique bloquée sur les principes sans égard aux conditions météo, à la cartographie maritime, aux éventuels écueils à éviter. Certes l'Église a toujours l'oeil fixé sur les principes comme sur l'étoile polaire mais pour autant, il lui arrive constamment d'amener les voiles, de zig-zaguer quand c'est nécessaire, d'aller plus ou moins vite suivant les circonstances : elle garde le cap - comme le fait le pape qui reprend les principes ici aussi - mais elle navigue prudemment en prenant grand soin des circonstances. Aveugle et sourde à la personne humaine dans ses limites et ses défaillances ? Non ce n'est pas là le portrait de notre "sainte Mère l'Église" mais plutôt celui d'un monstre moderne, d'un robot sans âme pas de notre Mère.
L'histoire de l'Église comme le droit canon témoignent de la sollicitude envers le pécheur, sollicitude sans complaisance pour le péché.
nb. le séminaire FSSP de Wigratzbad a assuré une veille d'adoration pour la vie la nuit passée comme d'autres à l'appel du pape. |