Cher ami,
VOUS DITES :
Dans Spe Salvi, Benoît XVI ne parle pas de la théorie de l'illumination : "Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. "
ABSOLUMENT VRAI.
Et je ne parle pas non plus de "l'illumination finale".
Je parle de la venue du Christ, sous la forme de son humanité glorieuse.
J'explique dans toute une question du traité du purgatoire que cette parousie est une purification, le "troisième purgatoire".
TRAITE DES FINS DERNIERES : QUESTION 15 — Le purgatoire
2° Existe-il six degrés du purgatoire ?
Conclusion :
Si l’on considère l’homme dans la totalité de son histoire, c’est-à-dire depuis sa conception par ses parents jusqu’à son entrée dans la vision de Dieu, deux types de croissances peuvent être discernés : 1° une croissance humaine et naturelle. 2° une croissance surnaturelle liée à la grâce.
Au terme, il convient que toute créature humaine soit capable 1° de poser un acte de choix libre et conscient, volontaire et libre ; 2° de refuser Dieu où au contraire de l’aimer sans aucune trace d’un quelconque amour désordonné de soi (voir question 7).
En scrutant la tradition la plus lointaine de l’Église, on arrive à discerner l’existence de six demeures du purgatoire. Il s’agit de six étapes successives. L’homme n’est pas obligé de passer par toutes. L’essentiel est, qu’au terme, l’amitié (Agape) pour Dieu et le prochain soit devenue tout humble (kénose).
Les deux premiers purgatoires sont caractérisés par le fait que le Ciel et ses habitants se cachent. Ce sont les purgatoires du « silence de Dieu » , les purgatoires de l’ombre.
1° La première demeure est la vie terrestre. Elle est l’un des plus terribles purgatoires en ce sens que l’homme n’est pas sûr autrement que par un acte de foi du projet de Dieu. Il est laissé dans l’absence d’évidence. Il est possible à certains de comprendre avec leur raison que Dieu existe et que l’âme survit après la mort pour un jugement. Mais l’homme est laissé dans l’ignorance totale de la nature de ce jugement… sauf s’il accepte de croire : « Heureux celui qui croit sans avoir vu » . Cette première étape est très efficace pour disposer le cœur de l’homme, à travers une succession de bonheur fragile et d’abandons, vers une soif de plus en plus intense d’un salut : « Y a t il quelqu’un là-haut, qui entend nos prières ? »
2° La deuxième est le domaine des âmes errantes. Ce purgatoire est décrit par saint Bernard dans sa vie de saint Malachie. C’est un lieu que la Bible appelle « le territoire des ombres » ou ailleurs le « shéol » . Elle commence avec l’arrêt du cœur et se termine lorsque le Christ et les saints paraissent. La prolongation d’une errance dans le shéol n’est nécessaire qu’aux âmes extrêmement rustres ou coupables d’un grand crime, quoique non obstinées dans le mal, et pour qui un délai d’errance et de solitude entre ce monde et l’autre aura l’effet positif de développer un minimum de sensibilité à l’amour. L’homme constate que la mort ne conduit pas au néant. En ce sens, il n’a plus peur. Mais, s’il se prolonge, ce temps de shéol peut constituer pour certains hommes particuliers une grande souffrance et purification en vue du salut parce qu’il erre sans but dans une solitude qui paraît ne jamais devoir s’arrêter. Il est inquiet et tremble à l’idée que Dieu ou les dieux sont des forces hostiles dont il ignore la nature.
Les quatre derniers purgatoires (à partir de l’apparition du Messie glorieux), sont caractérisés par le fait qu’une connaissance totale de la Révélation est donnée. Ce sont les purgatoires de lumière.
3° Le premier est vécu à travers l’apparition glorieuse du Christ accompagné des saints et des anges (voir question 8), telle que la décrit saint Faustine dans son Journal. Il s’agit bien du "troisième ciel" où fut ravi saint Paul et qu’il décrit en 2 Corinthiens 12, 2. Cette parousie se produit dans le passage du shéol (dans la mort) la plupart du temps sans délai. La puissance de sa vision provoque un tremblement dans l’âme, plus puissant que tout. À la lumière de la pureté de l’humilité (kénose) et de l’amour du Messie, l’âme est choquée de ses propres ténèbres. L’effet en est la violente purification du reste de ses illusions « Dies irae ». Dieu apparaît à tout homme sous les voiles de son humanité (étape 3) avant de se donner sous la forme de sa divinité (7). Personne n’échappe à cette étape qui permet un choix libre. C’est ce purgatoire là, qui provoque et accompagne le jugement individuel, que le pape invite à contempler dans son encyclique Spe Salvi, n° 47 (2008) : « 47. Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu ».
4-5-6° Pour ceux qui choisissent le projet de Dieu et en qui demeurent quelques restes du péché, s’ouvrent alors les trois purgatoires mystiques décrits par sainte Catherine de Gênes dans son Traité du purgatoire . Les âmes, toutes amoureuses de Dieu, passent de la volonté d’être un jour dignes de lui à la certitude qu’elles ne le seront jamais. Elles deviennent vraies, c’est-à-dire humbles. L’amour égoïste de soi ne subsiste dans cet état qu’à travers des restes qui sont comme des tendances vicieuses de la volonté encore attachée à elle-même. Celui donc qui, dans le purgatoire, désire se purifier des restes du péché en étant principalement préoccupé par la lutte contre la tâche qu’ils laissent en lui, peut être considéré comme un débutant dans la purification et c’est le premier degré du purgatoire mystique. Celui dont la préoccupation principale est d’établir de plus en plus la totalité des tendances de sa volonté dans l’unique désir de Dieu, c’est-à-dire de progresser dans la purification de son âme est dans le deuxième degré du purgatoire mystique, c’est-à-dire le degré des progressants. Enfin, celui qui ne se préoccupe plus du tout de la pureté de son âme mais ne désire qu’une chose, à savoir l’union à Dieu, appartient au troisième degré du purgatoire mystique qui est celui des parfaits et qui peut être appelé le parvis immédiat du Ciel. Elle peut donc être immédiatement introduite dans la gloire de la vision béatifique.
7- Vision béatifique
6- Parvis du Ciel
5- Purgatoire de l’usure
4- Purgatoire des fiers
3- parousie du Christ (troisième ciel).
2- Limbes
1- Vie terrestre
Cette théologie frappa les Pères de l’Église au point qu’ils virent les étapes successives qui conduisent à l’amitié parfaite pour Dieu sous l’image de l’échelle de Jacob. Le livre de la Genèse raconte que le petit-fils d’Abraham, Jacob eut un songe : « Voilà qu’une échelle était dressée sur la terre et que son sommet atteignait le Ciel, et des anges de Dieu y montaient et descendaient! Voilà que Yahvé se tenait devant lui et dit : « Je suis Yahvé, le Dieu d’Abraham ton ancêtre et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donne à toi et à ta descendance. » Il s’agissait là, selon eux, de la vie humaine dans sa progression, pas après pas, vers la vision de Dieu.