La théologie n'est pas seulement une science que l'on déduirait à partir de grands principes reconnus par la Tradition (ici votre citation de Grégoire XVI). Elle est aussi, comme l'écrivit le regretté Père Guérard des Lauriers dans un article retentissant de la Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques (1940), une science inductive, qui part des faits pourvu qu'ils soient bien observés pour construire une théorie qui tienne la route.
Si vous utilisez uniquement la citation de Grégoire XVI, vous construisez une théorie absurde, qui vous mène à l'ecclésiovacantiste (ce qui est tout de même gênant pour un catholique). Il faut donc utiliser d'autres faits que ces citations extraites de leur contexte textuel ou historique. Il faut définir le droit liturgique, reconnaître que, contrairement à ce qu'écrit Dom Guéranger, le droit liturgique n'est pas purement traditionnel dans ses sources, et qu'il est aussi au pouvoir du pape en vertu de son munus sanctificandi. A partir de ces données-là, la légitimité du rite rénové s'impose comme la seule théorie qui ne soit pas absurde ou contradictoire.
Grégoire XVI n'avait évidemment pas en son temps (1835) les instruments qui lui aurait permis (pur futurible) d'apprécier la situation liturgique actuelle. |