Attention, cher ami, je n'ai jamais dit que le célibat est une mauvaise chose. J'adhère pleinement à la conviction de l'Eglise que le célibat n'est pas une vie au rabais, mais qu'au contraire, lorsqu'il est librement choisi et assumé, peut être une manière parfaite de vivre la chasteté. Dans un monde qui exalte le sexe comme seul passage obligé du bonheur, il est clair qu'il nous est indispensable de proclamer la valeur du célibat. Il me semble que c'est à ce titre que le célibat constitue un honneur spécial dans l'Eglise : en effet, il permet de témoigner "directement" d'une valeur du Royaume, de façon explicite et qui va à contre courant de l'esprit du monde. Il faut cependant préciser deux choses : d'abord, le célibat n'est pas en lui-même un gage de chasteté. On entend par chasteté bien entendu, non pas la continence, mais l'utilisation selon le plan naturel de Dieu et le respect de son corps dans toutes ses dimensions (d'où l'exclusion par l'Eglise de la castration). Or, je le répète, être célibataire n'implique forcémment d'être chaste. Même dans le cas du célibat, la chasteté est une vertue qui s'acquiert. Mon deuxième point est qu'une personne mariée n'est pas désavantagée par rapport à un prêtre pour acquérir cette vertue de chasteté. Je suis conscient que l'Eglise n'a pas tout à fait le même discours que moi. Mais, vu qu'elle change de discours depuis quelques années... Par exemple j'ai lu un bouquin sur le mariage édité dans les années 50. Ils prétendent que l'union sexuelle d'un homme et d'une femme implique toujours et obligatoirement quelque chose de pécamineux. Il me semble que dans ce texte que tu cites, il y a cette idée qui subsiste en arrière plan. Tout comme chez St Jean Chrysostome qui dit qu'on est obligé de considérer le mariage comme un bien, car si on lui compare le célibat, on ne peut comparer un bien à un mal, mais un bien à un meilleur ! Cela veut tout dire ! Je crois qu'on est en train de découvrir que le mariage vécu authentiquement n'est pas source de division du coeur, mais comme l'a dit le Père Alphonse D'Heilly, SJ, dans son livre "aimer en actes et en vérité", il n'y a pas d'opposition entre l'amour de Dieu et l'amour du conjoint dans la mesure où justement l'amour de Dieu s'exprime dans l'amour du conjoint. Exalter le célibat c'est une bonne chose... seulement l'Eglise l'a fait un peu trop, de peur que le message ne passe pas... maintenant, interrogez quelqu'un dans la rue : il vous dira que le péché d'Adam et Eve c'est d'avoir "fait l'amour" et que les curés sont frustrés de leur célibat, que certains sont homos voire pédophiles. Quand on entend des conneries pareilles, il faut prendre conscience qu'il s'agit du fruit de la calomnie, mais il faut se rendre à l'évidence qu'il y a eu une exagération de la part de l'Eglise. |