c'est notamment pour les entendre sans relâche, jour après jour, que nous voudrions garder le trésor de la liturgie traditionnelle. Oui nous sommes altérés de beauté et de beauté du Ciel, ni plus ni moins. Assurément le lieu de la Joie et des "belleshistoires" est la Sainte Liturgie, et il est inutile de le convoiter ailleurs.
Les publications pieuses, les articles polémiques, les déclarations qui forment le hall de cette salle du banquet... ne sont pas inutiles, mais ne sont certes pas l'intérêt majeur, bien évidemment. Le fait est que quelquefois, lorsqu'on vient d'ailleurs, on ne commence par apercevoir que ce qui relève du hall d'entrée, on ne voit même que cela, on risque même de ne pas envisager la salle du banquet des noces et par conséquent on ne voit rien de bien séduisant... il est vrai. Mais soyez bien certains que notre Joie est au-delà du hall : en pleine lumière et en silence!
Hélas, il ne dépend pas de notre volonté d'avoir dû nous battre pour qu'on nous préserve cette salle du banquet des noces, c'est un fait - installée désormais dans un garage, une arcade commerciale, une cave... Il ne dépend pas de nous que les "belles histoires" soient salies et par conséquent de devoir les protéger, les défendre...
Au Ciel, il n'y aura plus besoin d'apologétique, mais ici-bas vouloir (prétendre) s'en passer, relèverait d'une négation du péché...
Il n'en reste pas moins vrai, que là n'est pas notre Joie, ni notre trésor, ni notre intérêt, dès ici-bas déjà, mais bien dans la salle des noces.
Combien de combats pour atteindre cependant à une belle histoire? Celle-ci pourtant justifie tous ceux-là. Combien de combats pour une heure, une demi-heure, cinq minutes d'oraison ... pure?
Je repense à un joli mot de Thibon:
"Tu te reposes dans "la vérité". Mais est-ce la possession de la vérité qui crée ton repos, ou bien l'amour du repos qui crée ta vérité"? (L'Echelle de Jacob)
ou mieux, celui-ci qui est tout à fait saisissant, qui pourrait d'ailleurs compléter bien des échanges survenus sur ce forum à propos de la "paix":
"PAIX DU CHRIST - Repos sur la Croix; repos sanglant, déchiré. Douleur vaincue par l'excès même de sa victoire. Fer rouge de la guerre saisi à pleine mains et immergé dans le ciel." (Le Pain de chaque jour)
Il est des chrétiens, oui, des "tradis" même, qui se battent avec cette âme-là, en cette Ame-là, et c'est pourquoi, ce n'est pas eux qui fixent la modalité du combat, sa durée, son âpreté, son utilité même..., mais le "Modèle" évangélique même qui est allé jusqu'à la mort.
Mais après tout n'est-ce pas cela même LA belle histoire ? - les saint Etienne, saint Paul, sainte Cécile, sainte Blandine, saint Jeann d'Arc.... ? Or cette histoire-là, il est vrai, est pleine de sang et de larmes... transfigurés!
In Christo
Bertrand