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De Saint Nicolas du Chardonnet à Saint-Joseph - Par l’Abbé Claude PELLOUCHOUD Imprimer
Auteur : le gars du BTAG
Sujet : De Saint Nicolas du Chardonnet à Saint-Joseph - Par l’Abbé Claude PELLOUCHOUD
Date : 2002-06-03 23:10:03

De Saint Nicolas du Chardonnet à Saint-Joseph
Par l’Abbé Claude PELLOUCHOUD

A l'occasion du 25ème anniversaire à Paris de l'occupation de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, les éditions Servir ont publié un album souvenir «en hommage à ceux, prêtres et fidèles qui, par leur indomptable espérance, ont rendu possible cette affirmation tranquille de la beauté du culte catholique traditionnel et de la sainteté du Royaume qu'il fait VIvre en nos cœurs».
Cet hommage est réussi. Le livre au titre de «L'expérience de la Tradition» [Editions Servir - Paris - 2002. En vente aux tables de presse au prix de 30 euros] - selon l'expression de Mgr Lefebvre au Pape Paul VI en 1976 -, nous livre des témoignages sur les 25 ans de vie de cette église catholique et permet au lecteur, ignorant de cette épisode important dans l'histoire du combat de la messe, de mieux apprécier l'héritage de ceux et celles dont nous sommes les héritiers.
Un modèle
Il faut reconnaître,.avec l'abbé de Tanoüarn, qu'en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, «a été réalisée une véritable expérience de la Tradition catholique, valable pour tous ceux qui, au début de ce troisième millénaire, voudront bien peser cette réalisation à son juste poids». Mais, il ne faut pas que cette expérience se limite à Paris, il ne faut pas que l'expérience de la Tradition devienne une exception. Et cela, nous pensons que les catholiques traditionnels l'ont bien compris puisque, un peu partout dans le monde, des démarches sont entreprises pour que le culte soit célébré dans des édifices qui ont été construits pour cela par nos ancêtres. Un peu partout, mais à Bruxelles tout particulièrement.
Oui, aujourd'hui à Bruxelles la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X dessert un lieu de culte bien plus vaste que l'église qui fait l'orgueil des Parisiens. Nous croyons donc intéressant de considérer l'expérience de la Tradition, qui se fait en l'église Saint-Joseph, à côté de celle qui fut faite à Saint-Nicolas du Chardonnet.
Une église rendue au culte
Selon le mot de M. l'abbé Laurençon, Saint-Nicolas du Chardonnet «a été rendu au culte traditionnel par des chrétiens qui avaient faim et soif de la grâce de Dieu». Cette restitution fut faite au moment où la communauté Saint-Séverin/Saint-Nicolas venait de présenter son.»bilan financier 1976» qui laissait apparaître un déficit de 64.375 francs français. Les nouvelles du diocèse de Paris n'étaient guère plus réjouissantes puisque celui-ci accusait un déficit de 2.076.000 francs français. En occupant Saint-Nicolas, les traditionalistes n'ont-ils finalement pas sauvé un édifice de la ruine?
C'est bien cet aspect aussi qui a prévalu à Bruxelles pour l'église Saint-Joseph. Il y a eu l'aspect financier qui a joué aussi... L'ayant reçue en donation de l'Archevêché, la communauté syriaque ne se voyait plus, après une quinzaine d'années, en mesure d'entreprendre les frais pour la conservation de l'édifice, frais qu'elle estimait, à terme, exorbitants. Les administrateurs ont donc pris la décision de la vendre et de replacer les fonds dans un immeuble dont ils sauraient assumer l'entretien. C'est ainsi qu'il fut possible pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X d'envisager l'acquisition de cette église. (En Belgique, l'occupation d'une église, comme ce fut le cas à Paris, n'est pas envisageable en raison d'une législation différente). Le but et la motivation de la Fraternité Saint-Pie X était bien de rendre cet édifice au culte catholique, à la messe de toujours, de redonner à l'église Saint-Joseph la Messe pour laquelle elle a été construite. Avec la grâce de Dieu, l'aide de la Maison Générale de la Fraternité Saint-Pie X, il s'est avéré que l'opération en valait la peine. A Bruxelles, comme à Paris, la Tradition a sauvé un monument historique de la ruine, mais avant tout de la ruine spirituelle d'un nouveau rite de Paul VI, d'un rite schismatique, qui figuraient en étrangers dans ses murs.
L'église Saint-Joseph fut rendue au culte catholique. C'est sous cette apostrophe que nous annoncions l'inauguration du 1er novembre. C'était bien vrai, quoique pas au goût de tout le monde... L'abbé Jacques Jordant, responsable de la chapelle Saint-Joseph au Square Frère Orban -l'actuelle salle Saint-Michel-, déclara dans le journal Dimanche du 4 novembre 2001, que le culte catholique avait toujours été célébré à Saint- Joseph. Il arguait des offices qui étaient encore célébrés dans sa petite chapelle abritant la portion congrue des catholiques modernes du quartier. Mais signalons quand même que l'immense édifice construit au XIXème siècle ne connaissait plus le culte catholique en ses murs, mais plutôt «hors les murs», étant donné que le lieu de culte utilisé par les desservants du diocèse se situait non pas dans le bâtiment mais dans une annexe aménagée le long de l'église...
La ferveur des fidèles
Pour l'abbé Laurençon, les chrétiens qui ont rendu Saint-Nicolas au culte traditionnel «se sont révoltés contre le vide spirituel, contre le vide doctrinal, contre le vide moral que des clercs et des évêques voulaient leur imposer au nom du Concile». A Bruxelles, comme à Paris, ce fut le même enthousiasme qui fit avancer les choses. C'est parce que la petite chapelle de la rue de la Concorde devenait trop petite qu'il a fallu trouver une solution pour combler le vide spirituel, le vide doctrinal, le vide moral qui est de mise dans les églises depuis le «fumeux» concile, selon l'expression de M. l'abbé Schillewaert.
Et si l'abbé Laurençon peut aujourd'hui faire le constat qu'«ils sont nombreux à avoir gardé ou à avoir retrouvé la foi grâce à Saint-Nicolas», nous croyons pouvoir déjà dire, après six mois de présence à Saint-Joseph, qu'une église facilite indéniablement l'accueil des chrétiens déboussolés par les réformes conciliaires. Nous avons déjà pu voir la grâce faire son travail, à Saint-Joseph! On pourrait apporter ici le témoignage de telle personne, non baptisée, qui voyant l'église ouverte, rencontra un prêtre et fréquente aujourd'hui nos messes dominicales avec son mari. Elle est maintenant catéchumène. Signalons encore ce chrétien, ignorant des choses de la foi, qui s'étonna de trouver chez nous des messes qui parlent de Dieu... Même parmi nos fidèles, nous avons pu constater un regain de ferveur, Deo gratias !
Une «cohabitation»
Saint-Nicolas'du Chardonnet a connu, après le coup d'éclat du 27 février 1977, une cohabitation avec le clergé officiel. Oui, dans cette bataille pour la messe, il y eut un temps où les deux messes vécurent côte à côte. Jean Nouyrigat parle de cette cohabitation: «Un modus vivendi impossible ~on dit aujourd'l1ui une cohabitation - s'était établi entre les deux camps: dans la journée, le clergé légal avait accès à l'église...». Et il est touchant de lire le récit des affrontements entre les deux camps, la bataille des compteurs, etc...
Et nous nous sommes rappelés nos difficultés à Saint-Joseph, avec une cohabitation syriaque difficile à gérer au début, ses débordements des 1er et 4 novembre 2001 gravés dans nos mémoires et dont Mgr Williamson a su tirer parti pour nous encourager au combat (cf. Pour Qu'Il Règne N° 47). Cette cohabitation est maintenant sur le point de se résoudre à l'amiable, étant donné la division qu'a connue leur communauté (les éléments les plus belliqueux s'étant retirés). Nous raconterons peut-être un jour aussi notre «bataille des compteurs», mais tout cela est encore trop proche pour pouvoir être évoqué ici.
On en parle...
L'acceptation de l'occupation fut difficile à Paris et, du 5 mars au 26 juin, parut une feuille double-face titrée «Saint-Nicolas occupé», donnant chaque semaine des nouvelles de la «communauté Saint-Nicolas hors les murs» et la vision de son curé Pierre Bellego. Les traditionalistes ripostaient aux attaques qui leur étaient faites. Ce fut, comme l'appelle Jean-Baptiste Chaumeil, «La bataille des tracts». Mais il faut savoir aussi que, comme le dit le même auteur, «dès les premiers jours de l'occupation de Saint-Nicolas du Chardonnet, la presse nationale s'empara de l'affaire». Cela apporta ainsi un peu de publicité à l'événement et contribua sans doute un peu à faire connaître la Tradition.
Du côté de Bruxelles, 25 années plus tard, il faut remarquer comment la presse s'est vue obligée de parler de notre arrivée à Saint-Joseph. Il est probable que sans l'effervescence de la communauté syrienne syriaque orthodoxe, malgré l'envoi de dossiers de presse à tous les journaux, aucun journal, au moins du côté francophone, n'en aurait parlé. L'Archevêché lui-même s'enferma dans un mutisme que seuls quelques journalistes rusés et syriaques taquineurs purent forcer. Peut-être était-il donc nécessaire qu'il y ait cet affrontement avec la communauté syriaque pour faire connaître un peu l'arrivée de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à Saint-Joseph.
Une paroisse?
A Paris, l'église occupée par les traditionalistes était paroissiale. Avec la baisse de la pratique religieuse post- conciliaire et la chute des vocations, Saint-Nicolas avait été rattaché à Saint- Séverin. Les nouveaux desservants de Saint-Nicolas n'avaient en rien le droit de revendiquer le titre de «curé». Mais, avant de désigner comme curé à Paris l'abbé Philippe Laguérie, l'abbé Aulagnier, supérieur du district de France de la FSSPX avait été choisi par monseigneur Ducaud-Bourget qui le décora du titre de «co-curé». L'abbé Laguérie, qui succéda à monseigneur Ducaud-Bourget, déclare d'ailleurs: «Il m'est paru tout à fait normal d'agir le plus naturellement du monde, avec toutes les prérogatives d'un curé, quoique je ne les eusse point de par le droit. J'avoue n'avoir même pas réfléchi à cette situation; pour moi .c'était évident». C'est ainsi que se développa autour de Saint-Nicolas du Chardonnet
une véritable vie paroissiale...
Pour notre part, nous savons que l'église Saint-Joseph ne fut jamais paroissiale, nous savons que canoniquement parlant nous ne constituons pas une paroisse, mais nous sommes persuadés que ce don de la Providence, cette église Saint- Joseph, permettra de fait de développer à Bruxelles une vie paroissiale. «Nous devons mener aujourd'hui un combat théologique serré dans le même temps où nous créons des institutions», disait justement l'abbé Philippe Laguérie.



La discussion

      Editorial de PQR - par l'Abbé Claude Pellouchoud , de le gars du BTAG [2002-06-03 23:07:52]
          De Saint Nicolas du Chardonnet à Saint-Joseph - P [...], de le gars du BTAG [2002-06-03 23:10:03]
          La messe retrouvée - Par l’abbé Paul Aulaugnie [...], de le gars du BTAG [2002-06-03 23:12:38]
              Oui, cela confirme..., de Pierre [2002-06-04 19:37:34]
          La Messe en question - Par l’abbé Guy Castelain, de le gars du BTAG [2002-06-03 23:15:02]
          sources - forme plus lisible, de le gars du BTAG [2002-06-03 23:20:45]
          La Tradition, de Ignace [2002-06-03 23:26:02]
              bon, OK, de le gars du BTAG [2002-06-03 23:38:41]
                  Traditionalisme : quelle tradition ?, de Ignace [2002-06-03 23:58:55]
                      La Tradition, de Frédéric Ronga [2002-06-04 12:46:54]
                          Retourauxsourcisme et tabularasisme, de Ignace [2002-06-04 13:25:08]
                              Oui, nous ne sommes pas si loin.., de Frédéric Ronga [2002-06-04 13:57:08]
                                  Discussions sereines, de Ignace [2002-06-04 14:32:34]
                                      Discussions sereines (suite...), de Frédéric Ronga [2002-06-04 14:56:41]
                                          Discussions sereines (un peu de psychologie), de Ignace [2002-06-04 15:25:17]
                                              Je n'ai rien contre, de Frédéric Ronga [2002-06-04 15:46:36]
                                                  psychologie : le style fsspx..., de Ignace [2002-06-04 18:25:52]
                                                      C'est vrai, il faut être positif aussi ! [pdt], de Stéphane Mercier [2002-06-04 19:09:34]
                                                          sans intérêt?, de le gars du BTAG [2002-06-04 19:17:02]
                                                              Si je puis me permettre, de X A [2002-06-04 19:21:23]
                                                                  à ce propos, de Nicoco [2002-06-04 20:07:44]
                                                                  merci de vos encouragements, de 'BTAG' [2002-06-05 10:02:01]
                                                      Symptôme ??, de Nicoco [2002-06-04 20:05:14]
                                                      Vous ne devez pas, de Paul-E [2002-06-04 21:56:17]
                                                      Y'a du vrai, de Bertrand DECAILLET [2002-06-05 09:48:21]
                                                          Les belles histoires, de Ignace [2002-06-05 16:08:30]
                                                              Les belles histoires, de Bertrand DECAILLET [2002-06-05 17:15:38]