Voici donc une tentative de traduction de ce texte. Que ceux qui en entreprennent la lecture ne s'arrêtent pas au deuxième paragraphe mais poursuivent jusqu'au bout.
In Christo,
Frédéric Ronga
L'ÉGLISE MODERNE CONTRE LA NATURE1er mai 2002
Chers amis et bienfaiteurs,
Voilà maintenant des mois que les mass-media américains blâment l'Église Catholique pour les manquements graves de certains de ses prêtres, durant les 30 à 40 dernières années, envers de jeunes membres de leurs congrégations. Bien des choses ont donc été écrites et dites sur ce problème, bien plus que je n'en sais ou n'en ai lu moi-même. Il y a cependant quelques vérités importantes liées à cette question et que je n'ai vu que très peu - voire pas du tout - mentionnées. Abordons-les donc ici.
Tout d'abord, disons à qui ne revient pas essentiellement la faute. Elle ne revient pas essentiellement aux medias. Cette lettre qualifie souvent les medai de « vils », et leur vilénie apparaît ici en ce qu'ils utilisent le mot « pédophilie » plutôt qu'« homosexualité » pour définir ce problème. Le mot « pédophilie » se réfère à proprement parler à l'abus d'enfants, de moins de 10 ans, disons, alors que selon de nombreux rapports, l'écrasante majorité des crimes dont les prêtres sont accusés implique des adolescents, de plus de 10 ans, une activité que l'on appellerait normalement h...
Voilà cependant des années maintenant que les medias, dans leur iniquité, conduisent une campagne cohérente et persistente pour légitimer dans l'esprit des gens le péché de l'h..., aussi appelé péché contre nature, l'un des quatre péchés criant vengeance au Ciel. Comment les medias pourraient-ils avoir glorifié l'activité h... pour se retourner et la condamner ensuite chez les prêtres ? Ils prétendent donc que le problème est la pédophilie, parce que la plupart des gens sont - encore - horrifiés par l'abus sexuel de petits enfants, alors qu'ils sont désensibilisés - en grande partie par les médias - contre l'horreur de ce péché contre nature criant vers le Ciel. On peut aussi blâmer les médias pour coordonner ce qui est certainement une compagne mondiale pour exploiter à fond cette faiblesse actuelle de l'Église. Les médias étant tombés entre les mains des ennemis de notre Mère l'Église, par manque de vigilance ou de souci de la part des amis de notre Mère l'Église, les médias ne sont pas les amis de l'Église, et utilisent donc le plus possible cette occasion de tirer l'Église vers le bas. Il n'y a cependant pas de fumée sans feu, dit le proverbe. Comment les médias auraient-ils pu faire de la fumée sans qu'il y ait quelque feu dans l'Église ? Les hommes d'Église commettant ou couvrant ces péchés ne peuvent pas blâmer les médias.
Ils ne peuvent pas non plus blâmer le peuple de ne pas être raisonnable, parce que la réaction populaire aux Etats-Unis a semblé raisonnable à deux points de vue.
Premièrement, alors que tout prêtre catholique devrait, en tout temps et en tout lieu, par la sublimité de sa vocation, se comporter comme un ange, il porte cependant le trésor de sa prêtrise dans un faible vase d'argile qu'est la nature humaine déchue (II Cor. IV, 7), de sorte qu'aucun d'entre nous qui connaisse la faiblesse humaine n'est entièrement surpris de trouver même ses pire manifestations au sein de la prêtrise, hélas. Le peuple américain, raisonnablement, se montre aujourd'hui moins choqué de voir le bas-clergé commettre ce péché que de voir le haut-clergé les couvrir, ce qui n'est plus une faiblesse de la chair (bien qu'elle soit grave).
Deuxièmement, pour la défense du peuple, quand il blâme le haut-clergé pour couvrir les péchés du bas-clergé, ils semblent reconnaître jusqu'à un certain point un droit premier de l'Église sur l'État pour sanctionner les hommes d'Église. Le peuple semble moins dire que les crimes des prêtres sont l'affaire de l'État, mais plutôt que l'Église devrait maintenir l'ordre dans sa maison, ce qui, pour autant que l'Église le fasse, est un bon sens antique.
Ainsi, ni les médias, ni le peuple ne doivent premièrement [litt. essentiellement (NdT)] être blâmés. Nous en revenons au clergé. Et si, de tout temps et en tout lieu, des hommes qui sont prêtres de l'Église ont donné des preuves de leur faiblesse humaine, ce qui est propre au problème actuel est son ampleur. Il semble que le péché d'h... chez les prêtres ne soit plus sporadique, mais plutôt systématique. En outre, et c'est ce qui met tant de gens en colère, il semble qu'ils ait été systématiquement caché sous le paillasson par le haut-clergé.
Hélas, il est connu que depuis maintenant des dizaines d'années l'Église Catholique a été infiltrée aux États-Unis par des h... Déjà dans les années '80, le P. Enrique Rueda publia son livre intitulé « le réseau h... » pour documenter ce fait avec une quantité d'évidences. Aujourd'hui, on apprend que les séminaires officiels [litt. du courant principal (NdT)] sont infestés de professeurs et de séminaristes h... Comme le commentait récemment un évêque, une première étape dans la mise en ordre de ce gâchis consisterait à « désodoriser » les séminaires. Un autre évêque disait quelle appréhension les jeunes hommes normaux (c.-à -d. « droits ») ont aujourd'hui à rentrer dans les séminaires américains, de peur d'être agressés par l'un de ces pervers protégés par le système !
Mais comment le système a-t-il pu atteindre ce point ? C'est là que se lèvent deux réponses systémiques, ni l'une ni l'autre n'étant tellement metionnée aujourd'hui, si tant est qu'elles le soient, ni l'une ni l'autre n'étant non plus pour plaire à la hiérarchie actuelle de l'Église. C'est la raison exacte pour laquelle il y a un problème de système. Le première réponse concerne la messe, la seconde, plus générale encore, concerne les Dix Commandements.
En ce qui concerne la messe, Monseigneur Lefebvre avait toujours l'habitude de dire qu'il n'aurait pas pu diriger aucun de ses séminaires avec le Novus Ordo Missae (NOM). Tout a été fait par Rome dans les années '70 et '80 pour qu'il introduise le NOM dans ses séminaires, mais il disait que s'il avait fait cela, il aurait tout aussi bien pu mettre la clé sous le paillasson et s'en aller. Il ne l'a jamais dit comme cela lui même, mais en ce qui le concernait, un séminaire catholique sans la vraie Messe (Tridentine) est comme un réacteur atomique sans uranium : il n'y avait aucun moyen de faire de vrais prêtres avec une fausse Messe.
En effet, disait-il sans cesse, le prêtre et le sacrifice sont intimement liés. Il ne peut y avoir aucun sacrifice rituel sans prêtre, aucun prêtre sans sacrifice. Le sacrifice est le coeur du prêtre, et si vous lui enlevez son sacrifice, vous faussez le prêtre. Et si vous faussez le prêtre catholique, il va certainement se tourner dans toutes sortes de fausses directions pour chercher des substitus et des satisfactions, ce qui inclut l'h... Je pense que si Monseigneur Lefebvre était vivant aujourd'hui, il dirait que, étant donné que le Novus Ordo Missae a été maintenant imposé aux prêtres catholiques pendant plus de 30 ans, ce qui est surprenant ce n'est pas à quel point l'h... se propage chez les prêtres, mais qu'il y en ait si peu !
Cependant, comme dans toute la crise actuelle de l'Église, bien que le problème de la messe soit le symptôme principal, la maladie est plus profonde et plus large. Ce vers quoi tend essentiellement le NOM est de mettre l'homme à la place de Dieu, en violation directe du Premier Commandement : « Je suis le Seigneur ton Dieu, et tu n'auras pas de dieux étrangers devant ma face » (Ex. XX:2,3). En fait, la tendance et la finalité de toute l'Église moderne est l'idolâtrie de l'homme remplaçant Dieu. Que dit saint Paul (la Parole de Dieu) des conséquences de l'idolâtrie ? Voyez l'épître aux Romains, I:18-31 « les hommes qui tiennent injustement la captive la Vérité de Dieu (18) (...) ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l'homme corruptible(23), c'est pourquoi Dieu les a livrés à l'impureté, selon les convoitises de leurs coeurs; en sorte qu'ils déshonorent eux-mêmes leurs propres corps (24) ».
Saint Paul continue à parler de cette relation de cause à effet entre la violation du Premier et du Sixième Commandement avec des références spécifiques au péché contre nature : « eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur (25). C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes: car leurs femmes ont changé l'usage naturel en celui qui est contre nature (26) et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. (27) » Et au cas où nous n'aurions toujours pas compris que l'idolâtrie est au coeur de ce problème, saint Paul dit une troisième fois : « Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes (29) ». Suit une list de péchés graves. [La lecture du passage intégral mérite en effet reflexion (NdT).]
A Dieu ne plaise que les « Traditionalistes » lancent des pierres contre la faiblesse des prêtres officiels [litt. du courant principal (NdT)], car Il pourrait nous punir en permettant que nous tombions dans le même piège. Mais ce ne sont pas les Traditionalistes qui ont fait que deux fois deux égale quatre. C'est saint Paul, parlant pour Dieu, qui met ici le doigt sur le problème systémique de l'Église Moderne. Dieu utilise ce péché pour souligner l'idolâtrie, et il semble maintenant se reposer sur l'autorité séculière pour laver son Église de ce péché. L'un comme l'autre sont des actes de pitié de Sa part. Puisse-t-il avoir pitié de nous.
Plus positivement, si je connais un h... and souhaite le (ou la) tirer de sa maladie, puissé-je faire tout ce qui est en mon pouvoir pour le (ou la) ramener vers le vrai amour et le culte du vrai Dieu. C'est quand Augustin a découvert le vrai Dieu et qu'il commença à obéir au Premier Commandement, qu'il trouva la force d'obéir au Sixième.
Que Dieu nous bénisse tous, dans le Christ,
+ Richard Williamson