1) L'Eglise ne peut ni se tromper ni nous tromper.
C'est de foi, et le Magistère, enseignement de l'Eglise ne peut qu'enseigner la Vérité. Cela ne veut bien sûr pas dire que tout soit infaillible, mais que, dans son ensemble, et dès lors qu'il s'adresse à l'ensemble du peuple chrétien, ne peut formellement mener à l'impiété ou à l'erreur.
Cela veut-il dire que cet enseignement n'est pas perfectible? Non, bien sûr que non. Un enseignement peut être perfectible dans son sujet (qui le prononce ou le promulgue, lors par exemple d'une croyance universelle qui serait promulguée par le pape ex cathedra), dans son objet (la doctrine qui serait précisée ou approfondie) ou dans sa forme (la fameuse pastorale, intrinsèquement ou extrinsèquement perfectible).
2) De là, Vatican II peut-il formellement enseigner l'erreur?
La réponse est plus nuancée. Elle ne peut, dans son objet principal, enseigner formellement l'erreur, bien sûr. Elle peut, en revanche, sur un objet annexe à l'objet principal, errer.
Si en revanche, on considère que Vatican II, dans ses objets principaux (donc là ou Vatican II définit formellement) se trompe, il faut considérer :
-> Soit que l'objet fait défaut, c'est à dire que Vatican II définit sur un objet qui ne dépend pas de lui : la sécurité sociale, la réforme des retraites, ou la météo, par exemple. Ce n'est bien sûr pas le cas en l'espèce.
-> Soit le sujet fait défaut. Ce ne sont matériellement pas les évêques unis au pape, mais des imposteurs. C'eût été le cas si quelqu'un avait pris la place de Paul VI, par exemple.
-> Soit la juridiction qui fait défaut. C'est bien matériellement le pape, mais la doctrine de l'objet étant erronée, la juridiction tombe ipso facto. Un peu comme un père qui demanderait à son fils de commettre un crime : le père reste matériellement père, mais formellement, n'a plus aucune autorité, plus aucune légitimité dans la juridiction de son fils, jusqu'à ce que le père se rétracte. Il va de soit qu'à la suite de la rétractation, la demande du père de commettre un meurtre ne fait pas partie de l'éducation du fils.
Comme je l'ai dit plusieurs fois, je ne défends pas cette thèse.
3) Qu'en conclure?
Simplement que:
- Soit qu'il faut reconnaitre que dans son ensemble, Vatican II ne peut en soi mener à l'impiété ou à l'hérésie.
- Qu'en conséquence, dans ses objets principaux, Vatican II ne peut contenir formellement l'erreur. Dans ses objets secondaires, il le peut, d'une façon accidentelle, et se doit d'être corrigé.
- Que dans son objet principal, l'enseignement est toujours perfectible quant à son sujet (en précisant son degré d'autorité, par exemple), le contenu même de l'objet (en précisant la doctrine), ou sa forme (sans formellement aller plus au fond des choses, mais en la rendant plus intelligible).
- Oui bien que Paul VI et ses successeurs ne sont pas formellement papes, et qu'il convient de ne pas les citer au canon et d'attendre patiemment que Vatican II soit définitivement rayé de la carte.
Je sais bien sûr que la dernière proposition n'est pas celle de la FSSPX. Je pense que l'on s'oriente de plus en plus vers mes trois premières propositions, et que Rome s'ouvre également à une possible amélioration des objet primaires, et correction des objets secondaires erronés. C'est en tout cas à mon sens notre planche de salut à tous.
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