Pourquoi alors ne pas raisonner ainsi: l’état doit proteger et promouvour le bien commun; le bien commun est défini par le perfectionnement des hommes; le perfectionnement des hommes se trouve dans leur salut. L’état doit donc aider, en tant que possible, les hommes à atteindre leur salut, et enlever tout obstacle à leur salut.
Le début de ce paragraphe peut porter à confusion : il semble que cet argument confère à l'État le rôle de veiller au salut éternel des citoyens, ce qui reviendrait à réduire l'Église à une composante de l'État.
Chaque société est définie par
un certain bien commun : le club de boules par le bien commun des boulistes (jouer dans de bonnes conditions, maintenir un climat d'émulation, etc.) ; l'État par le bien commun temporel et civil ; l'Église par le bien commun spirituel.
L'État doit promouvoir le bien commun, mais pas tout bien commun, ou toute l'intégralité du bien commun : il doit promouvoir tout ce qui est nécessaire à un vie digne des citoyens
sur le plan temporel.
Cependant le bien commun temporel est lui-même ordonné au bien commun spirituel ; et d'autre part il ne peut se réaliser pleinement dans l'impiété. Pour ces deux raisons, l'État doit favoriser le bien commun spirituel, non pas en s'en occupant lui-même comme si c'était son domaine propre, mais en encourageant la vie religieuse vraie. De sorte que j'adhère (avec les bémols ci-dessous) à la fin de votre paragraphe :
On trouve le salut dans l’Êglise catholique, un fait que l’état peut reconnaître. L’état doit donc réprimer toute attaque contre l’Église et la foi catholique, parce que ces attaques nuisent au salut des hommes, et donc nuisent au bien commun.
Tout dépend de ce qu'on appelle attaque : les menées malhonnêtes, le lobbying pour pousser les gens à l'irréligion, ce genre de choses doivent être réprimées ; la plupart du temps au nom de la simple justice commutative : la calomnie porte atteinte au bien commun temporel !
En revanche, la critique digne qu'un philosophe non-catholique peut faire de la Foi catholique, cela ne doit pas
a priori être réprimé, mais ne doit pas non plus être encouragé ou diffusé (dans les écoles...)
Pour revenir au coeur de la question,
que signifient les mots "ordre public juste", le plus sûr est de commencer par se référer au texte lui même de DH, qui les développe au paragraphe 7 : voir par exemple
le bas de cet ancien message.