Vous avez fort bien noté que tout dépend de l’interprétation que l’on donne à l’expression ‘iustus ordo publicus’.
Lui donner le sens de la tranquillité publique, on tombe directement sous le coup de la condamnation infaillible du pape Pie IX dans Quanta Cura, ce que nous ne pouvons que rejeter puisque la concile Vatican II, lui, n’est pas infaillible.
En revanche avec le sens de bien commun, Dignitatis Humanae devient compatible avec la doctrine catholique, pour peu qu’on se souvienne des exigences de ce bien commun qui comporte notamment la répression des manifestations extérieurs publiques des fausses religions (à moins que cette répression comporte des inconvénients supérieurs, auquel cas ces manifestations pourraient être, non pas autorisées, mais tolérées).
Mais la difficulté vient de ce que ce n’est jamais dans ce dernier sens que DH est appliquée. Tous, au contraire, on fait comme si c’était le premier sens qui était le bon, même s’ils ne l’affirment jamais explicitement. Le résultat pratique est donc exactement le même que si on adhérait à la proposition condamnée par le pape Pie IX.
Au bout d’un demi-siècle, on ne peut plus continuer à parler d’inadvertance. Cette ambiguïté est voulue pour pouvoir agir comme si on professait l’erreur dénoncée par Pie IX tout en prétendant rester fidèle à la doctrine catholique. |