Tout d'abord, je vous remercie, Monsieur l'abbé, pour votre réponse à mon post.
S'agissant de la Tour de Babel, je ne pense pas qu'elle signifie la condamnation d'une "union", même naturelle du monde, qui accompagnerait son union dans l'Eglise.
Elle signifie plutôt qu'une union du monde sans Dieu, une union maçonnique, par exemple, si vous voulez, est d'avance condamnée, car impossible, notamment, effectivement, là vous avez raison, parce qu'elle omet le péché originel ; d'où les langues différentes que les hommes sont condamnés à parler.
Sur ce dernier point, et contrairement à ce que certains ont voulu croire, les langues différentes ne signifient pas qu'à partir du moment où ils ont voulu construire cette Tour, les hommes sont condamnés à parler de langues différentes.
Il ne faut pas prendre ce texte trop matériellement ou trop littéralement, car alors son sens profond nous échapperait et nous conduirait même à des contresens.
Les hommes, en effet, parlaient des langues différente longtemps déjà avant Babel et cette condamnation signifierait que la différence culturelle, qui est naturelle et une bonne chose, serait en réalité une peine due au péché ...
Non, la condamnation à parler des langues différentes signifie que la volonté de créer un monde uni sans Dieu est impossible, dans la mesure où l'homme, en excluant d'emblée la norme objective qu'est la volonté de Dieu, ne va fonder sa cité, son union, que sur des intérêts particuliers, sur la "volonté propre" des hommes qui la constituent, donc sur la volonté du plus fort, et que la conséquence sera que l'homme ne se comprendra plus et que la discorde et la violence règneront.
Ce passage du Livre de la Genèse nous renvoie donc, en quelque sorte, à la Cité de Dieu de St Augustin : "deux amours ont fait deux cités : l'amour de soi au mépris de Dieu, l'amour de Dieu au mépris de soi" !
Seule cette dernière cité est viable ! |