1. un mea culpa : j'ai confondu les deux abbés au nom proche,
c'est l'abbé Laroche, et non l'abbé de la Rocque, qui est docteur de notre Faculté et donc revêtu d'un grade canonique. Erreur sur un titulaire.
2. la question du titre, il aurait été plus clair de dire du siège car votre formulation initiale est ambiguë, a été soulevée par Mgr Lefebvre lui-même.
Est-ce sans précédent absolument ? Pour l'Antiquité, le Moyen Age, époque moderne, d'autres pourront répondre.
Je connais au moins 3 cas contemporains fameux sous Pie X : les 2 évêques résidentiels républicains à l'origine de la rupture entre Rome et la France en 1904 furent enlevés à la détestation de leurs diocésains mais ne reçurent aucun siège titulaire avant 1921, pour le survivant. Mgr Lacroix, "l'évêque des modernistes", a démissionné en 1907 (sauf erreur) mais n'a reçu de siège titulaire qu'en 1921 aussi.
Il y a donc bien des précédents ... sans compter les conséquences du régime concordataire en 1801-1802 avec de nombreux évêques "en l'air".
3. la compétence théologique est une affaire délicate à déterminer. Les membres de cette commission ont la compétence propre à chaque prêtre au minimum.
Maintenant, des laïcs ont de nos jours une compétence aussi étayée que des prêtres.
Maintenant les "titres" de bachelier, licencié, docteur en théologie voire chez les dominicains celui le plus élevé dans l'Ordre de "magister", maître en théologie, ne sont pas un gage de solidité à coup sûr : le R.P. Chenu était "magister" quand il fut réprimandé par le Saint-Office. Je suppose que le R.P. Schillebeekx dont les thèses ont l'honneur spécial de figurer au répertoire des erreurs et hérésies (Denzinger) doit être bardé, couvert de titres, diplômes, parchemins et doté d'une longue expérience d'enseignement.
La quasi-totalité des déviations théologiques les plus graves de l'époque contemporaine, et auparavant, vient des théologien(ne)s les plus dûment parcheminés par les plus titrés des studium et facultés...
Et des gens sans diplôme de théologie à l'inverse peuvent avoir un bon sens théologique que ces "maîtres" n'ont pas eu.
En d'autres termes, quand une question se pose, il convient d'y répondre même si celui ou celle qui la pose n'est pas habillé de nobles parchemins.
Il y a les Thomas d'Aquin, les Bellarmin, les Pierre Canisius etc. Les docteurs et les doctes ont toute leur place, on ne dira pas le contraire sous Benoît XVI. Mais on me rappelait avant-hier le cas du saint curé d'Ars qui était classé "particulièrement débile/faible" en terme d'études. Vous l'excluriez d'une commission pour autant ?
Si les questions posées sont mal posées, ou ont une réponse facile et convaincante, tant mieux et du côté romain, on pourra le déterminer aisément. Dès lors la lumière se fera rapidement et la réconciliation progressera plus vite : je m'en réjouis. |