Vous pensez que "nous allons" de plus en plus vers la lumière...
La phrase de Pie XII a été écrite à une période de l'Eglise qui, par définition, ne bénéficiait pas de la compréhension toujours plus pénétrante (Redemptor Hominis) que le Magistère ne cesse d'effectuer. Au moment où elle était écrite, elle était sans doute la seule que l'on pouvait prononcer. Elle était vraie.
Fabriquer des vérités relatives à leur temps, dites-vous ?
Arme favorite des modernistes pour démolir les textes anciens.
La Vérité est, éternellement, et le temps la quitte par son entropie inhérente.
En fait... nous nous en éloignons de cette lumière originelle.
- la société est de moins en moins spontanément, nativement, proche des lumières de Dieu. Parce qu'elle oublie, qu'elle doute, qu'elle comprend moins, il lui faut plus de laïus et de lignes pour dire les détails. Cela n'est pas comprendre mieux cela. Ainsi St Thomas d'Aquin à la fin de sa vie, ayant envie d'écrire un tome "Notre Père" cessa ses rédactions : parce "la Somme des mots ne vaut rien devant un seul mot qui dit tout !" ou quelque formule du genre. Abraham n'avait pas les dogmes des siècles passés par l'Eglise ni les constitutions (si longues) du dernier concile, mais il était plus éclairé que nous !
- l'homme à sa naissance dans cette société est à chaque génération moins éclairé en sa conscience envers Dieu. Il est fruit de son époque et respire son air. Individuellement son parcours est de progresser en vertu, cela ne signifie pas que Dieu lui demande une perfection de Foi supérieure à celle demandée à Abraham, cela ne veut pas dire que parce qu'un homme particulier progresse visiblement que la société totale avait progressé avant lui. Il pourra retenir les châtiments divins et les éloignements globaux, mais pas revenir sur la décadence en place.
Or vous exposez que -merci Redemptoris Hominis- nous sommes plus éclairés que nos anciens ? Je réfute : à le penser et le dire, nous nous illusionnons.
Comme une vieille tête qui devient presbyte : elle doit éclairer plus pour lire les mêmes textes que les jeunots. A-t-elle progressé pour autant dasn sa capacité de lecture ?
Nous - notre monde- sommes devenus si balourds qu'il nous faut les détails de tout. Or il est besoin de grande finesse pour passer par le chas de l'aiguille des choses de Dieu, pour descendre en notre fine pointe de l'âme et passer (sans la déranger) de notre âme à la nature divine. Les balourds n'y pourront jamais. Et les longs textes ne feront nullement l'intégration du "Dieu est l'Amour" que Ste Bernadette répondit à sa catéchiste. Laquelle, soit dit en passant, le prit mal, lui asséna la longue réponse des attributs de Dieu créateur, souverain, père, juge etc. qu'elle aurait pu indéfiniment continuer à aligner. Aurait-elle au plus de lumières que la petite âme pure et fraîche de Bernadette qui en un mot avait tout contenu ?
Je réfute donc que nous soyons plus fins que nos anciens.
Et mon long post en est la preuve... Que j'eusse aimer savoir dire cela d'un mot, ciselé, brillant, simple et fort !
Travailler à retrouver le ton direct et simple des proches de Dieu.
Voilà pourquoi les textes assez délayés du dernier Concile ne me semble pas indispensable à savoir...
Mais trop de gens parlotent et dissèquent.
On peut pourtant soigner quelqu'un sans découper tous ses organes !
Et un mot ou un sourire peuvent le faire, mais une fleur y réussit à coup sûr. Et point n'est besoin d'étudier les bibliothèques botaniques du monde entier pour savoir la choisir pour qui on aime.
Glycéra
qui se colle des lectures de textes pour aider d'autres à s'en servir... mais quelle corvée ! Se promener dans les fleurs spirituelles est si nourrissant !