Le comique troupier / gentil animateur d'un cErtAin forum "répond"... du moins sur la question annexe des rites et discplines de l'Eglise.
La pirouette est la suivante : pour des raisons (?) toutes plus improbables et emberlificotées les unes que les autres, les citations du Concile de Trente, de Pie VI et de Grégoire XVI ne sont pas ad rem. C'est aberrant, mais c'est bien ce que prétend notre rEcAlcitrant.
De l'embrouillamini qui tient lieu de dernière ligne de défense audit rEcAlcitrant, on peut arriver à discerner vaguement une espèce de ligne générale : telle citation "parle" de rite et non pas du "canon 844 § 4" etc.
Et pourtant... Il est communément reçu que l'infaillibilité de l'Eglise en matière de rites et de discipline (pouvoir de sanctification et pouvoir de gouvernement) est générique, au sens où elle est assistance divine pour l'ensemble des rites et discplines que l'Eglise impose... mais également accorde ou permet.
Puisque notrE Ami est pris d'un amour tout soudain pour le Denzinger, on peut le renvoyer à l'Index systematicus du Denzinger-Bannwart.
"Ecclesia [...]
"Potestas.
Potestas docendi (infaillibilitas) [...]
"Exercitus infaillibilitatis : Ecclesia infaillibilitatem suam exercet sive sollemni iudicio sive ordinario magisterio universali 1683 1792 C1323 § 1, definiendo veritatem revelam 1721, in vigilando fidei subditorum 1441 C247, idque iure et officio 1797 sq ; non potest negligere veritatem 1449, neque eam impugnare 1450, neque permittere obscurationem veritatum graviorum fidei aut morum 489 1445 sq 1449 1501 1552 sq 1567 1576 sq 1821 1967 ;
nec potest constituere discplinam nocivam 1578 ; hinc eius iudicio acquiescendum est etiam in rebus nondum definitis 1683 sq 1722 1819 sq C 1324 ; nec sufficit silentium obsequiosum 1350."
Quelle est la référence 1578 du Denzinger-Bannwart ?
"Comme si l'Eglise, qui est régie par l'Esprit de Dieu, pouvait constituer une discipline, non seulement inutile et trop lourde à porter pour la liberté chrétienne, mais encore dangereuse, nuisible, et conduisant à la superstition et au matérialisme"
Pie VI, Constitution "Auctorem fidei", 28 août 1794 [Errores synodi Pistoriensis].
Tel est le fondement magistériel (parmi d'autres) de cette vérité communément reçue dans l'Eglise catholique : l'Eglise est infaillible en matière de discpline et de liturgie ; elle est infaillible dans l'exercice de ses pouvoirs de sanctification et de gouvernement, comme elle propose infailliblement l'objet de la foi au moyen de son pouvoir d'enseignement, et en raison de ce même pouvoir d'enseignement (ainsi que nous le verrons avec Dublanchy). En effet, si l'Eglise exerce des pouvoirs distincts, c'est en tant que Mère et Maîtresse qu'elle agit en tous et chacun de ses pouvoirs : parce qu'impérant (ou autorisant / permettant) une discpline ou un rite, elle continue à enseigner (bien que sur un mode accidentellement différent, cf. Dublanchy).
L'intervention de Grégoire XVI dans "Quo graviora" exige d'"étendre" cette infaillibilité, au-delà de ce que l'Eglise ordonne, à ce qu'elle accorde et permet en ces matières :
"Est-ce que l'Eglise qui est la colonne et le soutien de la vérité et qui manifestement reçoit sans cesse du Saint-Esprit l'enseignement de toute vérité, pourrait ordonner, accorder, permettre ce qui tournerait au détriment du salut des âmes, et au mépris et au dommage d'un sacrement institué par le Christ ?"
Grégoire XVI, "Quo graviora" (EP 173).
Il n'y a là rien que de très classique...
"L'Eglise de Dieu, vivant parmi beaucoup de paille et d'ivraie, tolère bien des choses ; cependant, ce qui est contraire à la foi ou à la morale, elle ne l'approuve, ne le passe sous silence, ni le fait."
Saint Augustin, Epist. 55.
"L'infaillibilité de l'Eglise doit également s'étendre à tout enseignement dogmatique ou moral, pratiquement inclus dans ce qui est commandé, approuvé ou autorisé par la discipline générale de l'Eglise. [...]
"C'est une conséquence rigoureuse de l'enseignement néo-testamentaire. Car l'infaillibilité garantie par Jésus à son Eglise, selon le texte de Matthieu, XXVIII, 20, s'appliquant à tout enseignement réellement et efficacement donné par le magistère ecclésiastique, doit également s'appliquer à tout enseignement nécessairement inclus dans les lois, pratiques ou coutumes établies, approuvées ou autorisées par l'Eglise universelle, cet enseignement pratique ou indirect étant, surtout pour une autorité en elle-même infaillible, tout aussi réel et efficace que l'enseignement doctrinal direct."
Dublanchy, article "Eglise" in Dictionnaire de théologie catholique, col. 2197.
Bien entendu, le DTC n'a pas une autorité magistérielle... Toutefois, il manifeste la réception par l'Eglise de la doctrine de Pie VI
et de Grégoire XVI.
Bien entendu, j'ai pleinement conscience que notre rEcAlcitrant
ne veut pas se rallier à pareilles vérités, qu'il qualifie plaisamment de "guérardiennes" ( le DTC était donc "guérardien" ?).
C'est que le Ponson du TErrAil de la tradition est avant tout un indécrottablE fArceur. Il faut donc le considérer comme tel, et ne pas être trop sévère à son endroit. Dans la mesure de son incompétence, gageons qu'il lui sera beaucoup pardonné.
N.M.