pour ces précisions, N.M. Je me suis en effet peut-être trop fié à Mgr Guérin, dont les écrits remontent au XIXe siècle. Je viens de m'apercevoir, par exemple, que Ferdinand Cavallera, bon connaisseur, admettait pour sa part la déposition de saint Athanase par saint Libère.
Comme la question est pour le moins controversée, j'ai suggéré à NéoAthanase de prendre plutôt comme exemple d'obéissance chrétienne
l'attitude des jésuites au moment de la dissolution de leur ordre par le pape Clément XIV.
Reste que l'Eglise n'a pas canonisé Libère pour rien. Il faut croire que l'héroïcité de ses vertus dépasse de loin son hypothétique défaillance momentanée...
On a aussi prétendu qu'il aurait, pour abréger son exil, souscrit à une formule semi-arienne. Dans son histoire de l'Eglise, le cardinal Hergenroether fait toutefois observer que s'il en avait été ainsi, Libère n'aurait pas été accueilli comme un triomphateur par les Romains les plus dévoués à la cause catholique :
Il n'est pas invraisemblable que Libère ait pu retourner à Rome sans condition ; la même faculté fut accordée un an plus tard à saint Hilaire de Poitiers, uniquement parce que les ariens redoutaient sa présence en Orient et la vigueur de sa dialectique.
(Hergenroether, Histoire de l'Eglise, tome II.)
V.