Saint Libère ? Vous plainsantez, j'espère. Voici la liste des papes autour de l'an 350, tous saints, tous, sauf un : Libère.
..... St-Sylvestre Ier, st-Marc, st-Jules Ier, Libère, st-Damase Ier, st-Sirice, etc. Les 35 qui l'ont précédé et les 13 qui l'ont suivi sont tous canonisés, mais, désolé, pas Libère. Votre papolâtrie vous aura fait errer.
Bon, hé! bien ! qu'y puis-je ? Contre l'ignorance invincible, on ne peut rien faire. Permettez-moi toutefois de protester officiellement contre ce paragraphe, c'est une insulte au bon sens et à la raison :
"Le serment de St Agathon est superbe mais il est confirmé par la doctrine constante des Pères et le concile de Vatican I que le Pape ne peut errer il qu'il n'y a jamais eu de cas d'erreur (ce qui répond directement à votre remarque sur Saint Libère, car il est inscrit au rang des saints). Et Saint Agathon sait que sa demande est exaucée puisque le Christ Lui-même a prié pour que la foi de Pierre ne défaille pas."
Je vous livre ce que disait le successeur immédiat de st-Agathon, st-Léon II ( 682-683 ) à propos de son prédesseurs Honorius Ier (625-638 ) en l'anathémisant au concile de Constantinople III : ... car il a permis, par une trahison sacrilège, que soit ternie la foi immaculée." Bref, contrairement à ce que vous pensez, st-Agathon faisait bien de prier pour que Dieu lui donne la force de rester dans la voie droite, car hélas, l'histoire de l'Église le prouve, des papes ont élaboré des "doctrines nouvelles" et ont par conséquent erré.
Saint-Pierre lui-même n'a pas toujours eu un comportement irréprochable, même après la prière de Notre-Seigneur à son intention, car, pour autant que nous sachions, l'événement d'Antioche où st-Pierre par son comportement contredisait sa propre doctrine et où st-Paul lui "resista en face", est chronologiquement situé après l'Ascension de NSJC. Qu'est-ce à dire, que la prière de NS a été innefficace ? Non, puisque Pierre s'est repris. Pierre se reprend toujours. En tant qu'institution divine, Pierre retombera toujours sur ses pattes, même s'il faut pour cela attendre un de ses successeurs, comme dans le cas d'Honorius.
Donc, si le pape ne peut pas quitter la voie droite, à quoi bon prier Dieu de l'y maintenir ? Si la chose lui est automatiquement donnée, à quoi bon la demander ? Et que serait-elle alors ? Une simple clause de style ? C'est curieux ... car on a aussi évoqué la simple clause de style dans le cas du "à perpétuité" de st-Pie-V dans Quo Primum.
Quant à votre affirmation selon laquelle Vatican I aurait défini que le Souverain Pontife ne saurait errer, on se demande où vous avez bien pu apprendre à lire car si c'est ce que vous en déduisez de : "Le Saint-Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour leur permettre de publier une doctrine nouvelle sous son inspiration, mais de garder strictement et d'exposer fidèlement avec son assistance, la Révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi" , bon, ben, je ne sais que dire sinon que de préciser que si un successeur de Pierre publie une doctrine nouvelle, l'assistance du Saint-Esprit ne joue plus car elle n'assiste ledit successeur de Pierre que lorsqu'il garde strictement et expose fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres. Bon, remarquez, vous n'êtes pas seule dans le bateau, les sédévacantistes n'ont jamais pu comprendre cela non plus.
Je pourrais continuer avec une longue liste d'errements pontificaux, mais à quoi bon, votre lit est déjà fait.
Sans doute est-ce également inutile, mais en conscience, je voudrais répondre à l'objection que vous fîtes :
"Cependant, que se passe-t-il avec un Pape qui, même en tant que personne privée, tombe dans l'hérésie ? L'hérétique est-il membre de l'Eglise ? A fortiori en est-il le chef ? Vous voyez bien que si cela était possible, cela irait à l'encontre de votre démonstration"
Dans l'ordre : il est hérétique; non, il n'est plus membre de l'Église, puisqu'il est hérétique; oui, il en est toujours le chef, à moins qu'il ne se condamne lui-même ( ou qu'un concile ne le fasse à sa place, concile qu'il devra publier officiellement, ne vous en déplaise ); et non, ça ne va pas à l'encontre de ma démonstration, car seul un pape peut en juger un autre, c'est un principe bien connu. Je rajouterai toutefois qu'à défaut de pouvoir juger, nous n'en pouvons pas moins penser par nous-même devant certaines évidences et agir en conséquence.
Une chose : si la crise janséniste ( entre autre ) a montré que le gallicanisme est une erreur à éviter, je crois que la crise actuelle démontrera que l'ultramontanisme est aussi un écueil à éviter.
Maintenant, sans rire, chère Lux : la crise actuelle, vous y croyez ou si pensez, selon les mots de deux des trois derniers papes, que nous vivons depuis Vatican II une nouvelle Pentecôte ? Je serais curieux de vous entendre là-dessus.
In Christo,
PGM
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