| Auteur : Le gars (62.147.181.xxx) |
| Sujet : Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des nouvelles messes ? |
| Date : 2002-07-17 13:47:00 |
Votre exposé est magistral - en quelques lignes, tout est dit ou presque sur ces offices qui sont: #Trop peu catholiques pour qu'on puisse y reconnaitre notre culte. #Trop catholiques pour qu'on puisse considérer qu'il ne s'agit plus de notre culte. Il n'y a pas grand chose à ajouter - Je vous livre cependant quatre réfléxions: _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Vous posez la question : <<Lorsque nous nous rendons dans nos églises chaque dimanche, allons-nous rendre un culte à Dieu ou bien allons-nous rejoindre une foule avec laquelle nous allons chanter et communier en partageant un bout de pain ?>> Il me semble qu'il y a une nouvelle théologie dans pas mal de paroisses, théologie qui n'a peut-être pas été théorisée, théologie diffuse, mais théologie très prégnante. Selon cette théologie, c'est la présence commune des chrétiens qui fait que le Christ est là. C'est la foi des participants qui fait que l'hostie leur devient le Corps du Christ. A partir de là, je pense que le paroissien lambda répondrait ainsi à votre question: "C'est justement parce que nous chantons tous en groupe que nous rendons le Christ présent." (Un peu à la manière dont l'orchestre rend Mozart présent dans la salle.) Autrement dit: "C'est justement parce que vous êtes avec nous qui chantons et qui nous réjouissons de ce Christ ressuscité, que vous rendez (à votre manière) un culte à Dieu". _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Par ailleurs, vous faites une liste de ce que nous voyons dans les paroisses (<<Résumons-nous. On se lève, on chante un chant qui ne veut pas dire grand’ chose, on écoute un mot d’accueil d’un fidèle...>> , mais il me semble qu'il y a une autre source d'étonnement douloureux: Certains gestes, certaines pratiques para-traditionnelles, (mais non pas 'traditionnels') qui ne sont là que pour donner un peu de gueule, pour que l'office ressemble à quelque chose.
Permettez-moi d'illustrer mon propos par quatre exemples:
+ On porte l'Evangile en procession, au début de la messe, avec une dignité qu'on ne ne reverra qu'au moment de la consécration. S'agit-il de montrer que "le Christ nous nourrit autant de Son Corps que de Sa parole"? Voir la-dessus le libre 'le Problème de la réforme Liturgique'. + Le monsieur (ou la dame) qui vient lire l'épitre s'incline profondément, avec une humilité ostentatoire, avant de monter les quelques marches. Devant quoi s'incline-t-elle d'ailleurs? Devant l'autel? Le tabernacle est vide depuis un paquet d'années, la Sainte Réserve étant dans une chapelle annexe. La même personne ne fera pas la moindre petite génuflexion avant de communier. + La chorale chante un Gloria, que personne ou presque, parmi les moins de 50 ans, ne peut suivre, ne serait-ce que mentalement, dans l'assistance. [En matière de liturgie, le latin, ne m'intéresse pas, si c'est simplement pour faire joli, par petites touches que personne ne comprend]. + (cas plus rare, mais que j'ai vu) : la religieuse qui a distribué la Communion, se tourne vers la tabernacle et procède à ce qui ressemble à une deuxième élévation, avant de se communier elle-même.
Grace à quoi les fidèles, et surtout les plus conservateurs d'entre eux, pourront dire à la sortie "Nous avons eu une belle messe!", ce qui les dispense de se demander s'ils ont eu une BONNE messe. _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Lors des funérailles, il me semble que le malaise est encore plus grand. Dans ces circonstances-la, on n'a plus à subir l'ambiance festive et joyeuse, des offices dominicaux, par contre, double dose de théologie douteuse, sur le thème de "XYZ a rejoint la maison du Père. - Prions pour XYZ". Plus des éloges du défunt, dont on ne sait pas bien à qui elles s'adressent. _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Face à cela, faut-il réagir? Comment se comporter? Comment communier? J'ai entendu, nous avons tous entendu divers personnes nous raconter qu'elles ont manifesté leur réprobation de telle ou telle manière, par un regard visiblement courroucé, par un silence ostentatoire, en insistant pour recevoir la Communion sur les lèvres. Bien sûr qu'il faut recevoir l'Hostie sur les lèvres, et en aucun cas accepter de la prendre en main. Bien sûr qu'il y a un combat à mener. Mais de ce combat, si la messe est l'enjeu, elle ne peut en aucun cas être le lieu. |
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