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Quelle attitude adopter vis-à-vis des nouvelles messes ? Imprimer
Auteur : X A
Sujet : Quelle attitude adopter vis-à-vis des nouvelles messes ?
Date : 2002-07-16 12:58:43

Quelle attitude adopter vis-à-vis des nouvelles messes ?

Il n’est pas rare d’assister à des offices qui semblent ne plus s’inscrire dans le droit fil de ce que veut l’Eglise et qui dévient complètement du missel romain dit de Paul VI.
Chacun d’entre nous a vraisemblablement déjà assisté à une messe au cours de laquelle le prêtre semblait devenir l’animateur d’un groupe diffus plus soucieux d’une communion d’ordre sentimental que d’une union réelle et étroite à Dieu.
On observe régulièrement des prêtres qui dévient considérablement du texte de la messe, laissant libre cours à leur imagination, souvent sous couvert d’originalité, par crainte que les fidèles s’ennuient et se laissent porter par une morne monotonie.
Je crois personnellement qu’il en est parmi ces prêtres qui ne savent véritablement pas ce qu’ils font. J’entends par-là qu’il en est de nombreux qui n’ont en tête que l’idée de plaire et de ne pas choquer, voire même de ne pas susciter l’ennui.
Ils sont frappés du complexe du bâillement.
D’autres, en revanche, semblent véritablement animés par une foi qui n’a plus de catholique que le nom. L’esprit de la révolution les a gagnés et ils participent activement à la redéfinition même du Credo de l’Eglise, remettant ouvertement en cause Ses dogmes séculaires.

Les premiers comme les seconds participent à une œuvre destructrice.
La religion du Dieu fait Homme a laissé place à celle de l’Homme fait Dieu.

L’idée même du péché devient odieuse. L’homme est nécessairement bon et il convient de se départir de cette idée qu’il puisse faire le mal. Non : si le mal existe, c’est la Société qui le génère, et plus particulièrement le libéralisme et le capitalisme.
De même que le récit de la Genèse n’est qu’une fable, l’Enfer ne saurait exister.
Cela coule de source.
Il suffit aujourd’hui de croire en Jésus-Christ pour pouvoir prétendre au Royaume des Cieux.
Certains penseront que j’exagère, mais cette théorie est très répandue parmi de nombreux prêtres et j’en ai entendu très distinctement énoncer de tels propos en chaire devant une assistance ravie de se voir appelée à si peu de devoirs.

Ces théories me semblent singulièrement confondre Miséricorde et Faiblesse Divines.
Il suffit de relire nos Evangiles pour s’apercevoir que le Christ n’est guère tendre vis-à-vis de ceux qui ne suivront pas Ses commandements.
Le fait que Dieu puisse laisser des hommes effectuer le libre choix du Mal sur le Bien ne me semble pas incompatible avec l’idée même qu’Il puisse se montrer miséricordieux. Il me paraît pour le moins que cette Miséricorde ne peut s’opérer contre le gré du pécheur.
Au moins suppose-t-elle son repentir. C’est une simple question de bon sens. (Et je ne vois pas en quoi le bon sens divin serait si différent du bon sens humain.)

Vous allez me demander où je veux en venir avec ces élucubrations, qui semblent s’éloigner du titre même de mon message. J’y viens, j’y viens.

Si l’Enfer n’existe pas, si l’Homme est le fruit d’une lente Evolution, si finalement le simple fait de croire en Jésus-Christ (sans bien souvent se soucier de ses préceptes, hormis bien évidemment ceux qui ont trait à l’argent et aux pauvres), alors quel sens donner à la Messe ?

Lorsque nous nous rendons dans nos églises chaque dimanche, allons-nous rendre un culte à Dieu ou bien allons-nous rejoindre une foule avec laquelle nous allons chanter et communier en partageant un bout de pain ? Quel est le sens de cette démarche ?

J’ai bien souvent l’impression étrange pour ma part lorsque j’assiste à des messes paroissiales de ne pas être venu dans cette église dans le même esprit que mes voisins.
N’y voyez là aucun orgueil de ma part. Je ne suis pas en train d’écrire que j’ai tout compris quand eux se trompent. Non, je veux simplement écrire que j’ai la nette impression et la quasi-certitude que nous ne sommes pas là pour célébrer la même chose.

En tant que catholiques, cela ne peut nous laisser indifférents.
Y a-t-il plusieurs interprétations possibles du culte divin ?
Peut-on au sein de la même Eglise célébrer un office dans un esprit différent ?
Est-ce acceptable, est-ce satisfaisant sur le strict plan intellectuel ?

Il est bien douloureux d’assister à des messes où l’on se sent ainsi à l’écart, comme étranger à un rituel que l’on ne comprend pas, qui s’accorde si mal avec ses sens. (Sur ce rapport aux sens, pour citer un ouvrage récent, j’invite ceux qui ne l’ont déjà fait à lire L’Esprit de la liturgie, du Cardinal Ratzinger, qui en parle de façon intéressante.)
Je me sens personnellement offensé et blessé voire même humilié plongeant alors dans des océans de perplexité.
Irrémédiablement, la question arrive : « Mon Dieu, qu’est-ce que je fais ici ? »
Une question qui nous conduit de facto à pécher par orgueil.
Si je suis ici, bien sûr, c’est pour prier, pour rendre grâce et implorer le pardon de Mon Bon Seigneur.
Oui, mais tout est fait en apparence pour me distraire. Comment trouver le temps et l’occasion de prier ?
Résumons-nous. On se lève, on chante un chant qui ne veut pas dire grand’chose, on écoute un mot d’accueil d’un fidèle heureux de nous retrouver en ce dimanche, on larmoie un « Seigneur prends pitié, Seigneur prends pitiééééééé », on se fait absoudre vite fait bien fait, on chante un hymne débile histoire de casser les oreilles du Bon Dieu, on s’assied, on écoute combien le Monsieur du troisième rang à gauche sait bien lire, on écoute l’Evangile au cours duquel on s’agace de constater que Monsieur le Curé à céder à cette nouvelle « remode » des filles de chœur, on écoute un sermon très terre-à-terre et aussi peu « vertical » que possible, on professe une foi en un Dieu qui chante et qui fait danser les montagnes, on chuchote, on cherche sa monnaie, on ne peut s’agenouiller au moment du « Canon » ni même au moment de la consécration, on récite le Pater en levant les mains au Ciel, on se sert la main pour se transmettre la paix du Christ, on se rend à la communion comme son voisin, on communie des mains d’un(e) fidèle, on rechante un chant de louange, très rarement d’adoration, on écoute les nouvelles de la paroisse, on se fait bénir au milieu d’une assemblée déjà déserte (il y avait beaucoup d’annonces ce dimanche), et l’on va « dans la Paix et la Joie du Christ », non sans à nouveau chanter. Pourvu qu’il reste du pain à la boulangerie.
Même en cherchant à se concentrer Il est terriblement difficile au milieu de tout ce cérémonial de trouver un moment de silence. Pour ma part, je reconnais que très généralement il n’y a guère qu’au Moment de la Consécration que je parviens à m’extraire de cette ambiance. Certes, il s’agit d’un Moment sublime, mais c’est plutôt fugace, reconnaissons-le. Sans compter que l’on n’a guère le temps de s’y préparer. L’Offertoire est très souvent bâclé, la Prière eucharistique numéro II, la plus souvent employée, nous introduit en quinze secondes au « récit de l’institution », etc. etc.

La question se pose alors de plus en plus souvent à moi : lorsque nous sommes contraints d’assister à de telles messes (mariages, baptêmes, enterrements, pas d’alternative dans telle région, etc.), que devons-nous faire ? Peut-on, doit-on communier lorsque l’on a été distrait (le plus souvent contre son gré durant toute la messe (même si nous reconnaissons par ailleurs que les paroles de la Consécration ont été prononcées de façon valide) ? Avons-nous le devoir d’aller voir le prêtre à l’issue de la messe ? Avons-nous le devoir de nous protéger de tels offices ?

Afin qu’il n’y ait ici nulle méprise, je tiens en guise de point final à apporter la précision suivante : je ne suis pas ici en train de dresser une critique systématique du missel de Paul VI. Non, je veux parler de la messe telle qu’elle est très souvent célébrée par des prêtres diocésains dans un esprit très empreint de modernisme, voulu ou non. (Il n’en reste pas moins que pour ma part les occasions ont été rares d’éprouver pareilles frustrations au cours de messes célébrées selon le missel de 1962… n’en déplaise à Nelly et Gary !)

Voilà, j’attends vos réactions, chers liseurs.

In Christo,

Xavier ARNAUD


La discussion

      Quelle attitude adopter vis-à-vis des nouve [...], de X A [2002-07-16 12:58:43]
          Il serait d'ailleurs intéressant..., de Torquemada [2002-07-16 13:30:32]
              N'ayez pas trop d'illusions!!, de Marc BILLIG [2002-07-16 14:12:26]
              J'ai des exemples :, de Jean [2002-07-16 14:16:46]
          Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des  [...], de Xavier Lefevre (193.252.176.xxx) [2002-07-16 14:01:51]
              Nouvelle Messe, de Rémi (80.8.26.xxx) [2002-07-16 14:13:16]
                  Re : Nouvelle Messe, de Xavier Lefevre (193.252.176.xxx) [2002-07-16 14:17:42]
                      Oui!, de Rémi (80.8.26.xxx) [2002-07-16 14:38:55]
                          Re : Oui!, de Xavier Lefevre (193.252.176.xxx) [2002-07-16 14:46:35]
                              Je ne joue, de Rémi (80.8.26.xxx) [2002-07-16 14:50:52]
                                  merci de votre participation, de Xavier Lefevre (193.252.176.xxx) [2002-07-16 14:58:40]
                                      Mais oui! (pdt), de Rémi (80.8.26.xxx) [2002-07-16 15:07:03]
              Fond et forme, de X A [2002-07-16 20:55:13]
                  Aaaaah...les nouvelles messes !, de Justin Petipeu [2002-07-16 22:58:53]
                      plus jamais ça !, de Ignace (212.71.20.xxx) [2002-07-17 12:18:13]
                          Changement, de Justin Petipeu [2002-07-17 22:18:52]
          Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des  [...], de Dominique [2002-07-16 14:14:14]
              Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des  [...], de Jean [2002-07-16 14:20:34]
                  Hélas..., de Rémi (80.8.26.xxx) [2002-07-16 14:41:09]
              Précision, de Justin Petipeu [2002-07-16 18:12:31]
                  Re : Précision, de Ignace (212.71.20.xxx) [2002-07-16 18:22:29]
                      Rapides, de Justin Petipeu [2002-07-16 18:42:02]
                  Idem pour l'allégement du jeûne eucha [...], de ATHANASE [2002-07-18 15:41:27]
              Remerciements et égarements, de X A [2002-07-16 20:56:24]
                  Remerciements et égarements, de René BERGERON [2002-07-17 03:24:49]
                  Remerciements et égarements, de Dominique [2002-07-17 11:27:10]
                      Plus ultra, de XA [2002-07-18 13:41:11]
                          et ne pas aller à la messe ?, de F.Josep [2002-07-18 13:59:08]
                          Après, on fait quoi ?, de Ignace (212.71.20.xxx) [2002-07-18 14:03:49]
                          Écrire ?, de un catholique [2002-07-19 04:40:04]
          Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des  [...], de Nelly Achlaw [2002-07-16 21:30:44]
          Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des  [...], de un catholique [2002-07-16 22:19:57]
          au cas par cas, de F.Josep [2002-07-17 07:34:17]
          Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des  [...], de Le gars (62.147.181.xxx) [2002-07-17 13:47:00]