Cher Monsieur,
Je vous remercie pour vos suggestions. Non, non, je ne suis pas référencé dans ma paroisse comme « le Monsieur qui critique sans arrêt ». D’une façon générale, je dois d’ailleurs vous avouer que je ne suis pas du genre à m’impliquer dans des équipes liturgiques. J’en entends déjà qui vont dire « Ah ! ben voilà ! Monsieur critique, mais que fait-il pour que cela change ? C’est trop facile. » Je répondrai de façon nette et simple. En quoi est-il de mon ressort de m’impliquer dans la liturgie dominicale ? Est-ce du ressort des laïcs ? M’est avis que non. J’irai même plus loin : ce n’est même pas, selon moi, du ressort du prêtre (hormis en ce qui concerne les chants bien évidemment). Non, la liturgie est une affaire beaucoup trop sérieuse, beaucoup trop complexe pour qu’on laisse chaque prêtre la torturer selon son bon vouloir. Ce n’est pas pour rien qu’il est édité un Ordo précis. L’expérience montre que la moindre parcelle de liberté accordée débouche ensuite sur des dérives terribles. Le libre choix donné au célébrant entre telle ou telle formule de prières a été ainsi indubitablement interprété comme une faculté d’en créer de nouvelles au fil de l’inspiration. J’ai raconté dernièrement l’expérience qui fut la mienne en l’église Saint-Irénée de Lyon, où le curé avait improvisé la préface, et ce de telle façon que la « prière eucharistique » était vidée de sa « substance », hormis bien évidemment les paroles de la Consécration. Bref, cher Monsieur, je ne me vois guère aller voir mon curé pour discuter avec lui de la prochaine messe. Par ailleurs, pour ce qui me concerne aujourd’hui, à Blois, le curé de la paroisse (diocésaine) où j’ai l’habitude de me rendre sait remettre les fidèles à leur place. (Quête, chorale, enfants de chœur, organisation de la kermesse, etc.) Je n’ai donc pas de problème de ce type-là pour l’instant. Avec mon retour à Lyon, en septembre prochain, que j’ai l’honneur de vous annoncer, il est clair que l’opportunité de retrouver la Communauté de l’église St-Georges sera une grande joie. Mais, si vous relisez mon précédent message, j’évoquais pour ce qui me concerne les occasions plus ou moins exceptionnelles qui peuvent nous voir confrontés à une telle situation. Si je voulais me montrer plus provocateur, j’irais volontiers plus loin. Et je vous interrogerais, non seulement vous même mais l’ensemble des liseurs de ce forum, sur le fait de savoir si le simple fait de croire en Jésus-Christ et de communier à son Corps et à son Sang suffit à unir tous ceux qui s’affirment catholiques. J’ai parfois un tel sentiment que nous ne cherchons pas à servir le même Dieu…
Mais je m’égare. Et en reste là pour l’instant.
In Christo,
Xavier ARNAUD |