| Auteur : Dominique |
| Sujet : Re : Quelle attitude adopter vis-à-vis des nouvelles messes ? |
| Date : 2002-07-16 14:14:14 |
Bonjour Xavier, votre message me rejoint dans ce qu'il m'est arrivé de vivre dans des messes... dans lesquelles effectivement on a le sentiment que tout le monde s'est donné le mot pour faire n'importe quoi. (le plus beau : une lecture de St Paul remplacée au pied levé par du Leonardo Boff, un théologien censuré par Rome... le plus créatif : une préface écrite par l'équipe de pieux laïcs en charge de préparer la messe, qui ressemblait bigrement à une litanie de nos péchés). Quelques pistes de réponse. D'abord, le n'importe quoi liturgique ne date pas d'aujourd'hui. Une conversation avec un abbé de la fraternité St Pierre m'a récemment convaincu qu'il y eut, il y a quelques décennies, quelques non sens à partir du missel de St Pie V... (comme la distinction entre messe chantée, où on chantait mais où seul le célébrant communiait, et messe de communion, où on ne chantait pas mais où on pouvait communier, non pas après le célébrant mais après le dernier évangile, ce qui faisait que le pieux laïc qui voulait communier et entendre chanter devait aller à deux messes le même dimanche... ou la coutume allemande, héritée des messes concertantes du XVIIIème siècle dans lesquelles une partie seulement du gloria était jouée, de faire réciter au célébrant le gloria à toute vitesse puis de le faire s'asseoir... alors que la chorale chantait l'intégralité d'un gloria grégorien...) Ensuite, il existe des messes Paul VI dans lesquelles on ne fait pas n'importe quoi... Pour ma part, je participe régulièrement (hors les mois d'été à une messe dans laquelle le silence a sa place : 20 minutes après l'évangile. Enfin, qu'est ce qui vous empêche d'aller vous impliquer vous même dans l'équipe liturgique de votre paroisse ? Si vous n'êtes pas déjà connu comme "le monsieur qui critique tout" vous aurez peut être une chance de vous faire entendre... par exemple en faisant remarquer que les textes du missel sont généralement très supérieurs à ceux qu'on écrit à sa place... (sauf, mais c'est une opinion, les oraisons qui, souvent mal traduites du latin, sont un peu indigestes en français parce que trop denses dans leur formulation)... ou que "je crois en Dieu qui chante et qui fait chanter la vie" c'est joli et poétique, à condition qu'on ne dise pas que ça tient lieu de credo sous prétexte que ça commence par "je crois".
Demander à Dieu la charité de supporter l'Eglise et la patience d'attendre qu'elle se réforme... et à l'Eglise la charité de me supporter et la patience d'attendre que je me réforme... disait, je crois, un prêtre du XVIème siècle qui refusa de passer à la Réforme.
Dominique Degoul |
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